Festival A demi mot : des rencontres inattendues entre habitants et artistes

Les artistes partagent une expérience sur la thématique « terre d’accueil » lors d’un atelier.

Du 23 septembre au 5 octobre, l’atelier Galerie bleue a organisé la 1ère édition de son festival “A demi mot”. Objectif: favoriser des rencontres entre habitants de la porte de Valenciennes et artistes de tous horizons, via 14 ateliers croisés autour du thème “terre d’accueil”.

Initié par Avenue Enfance – acteur culturel de transformation sociale – le festival A demi mot porte bien son nom. « L’idée, c’est qu’on ne peut pas et qu’on ne veut pas tout raconter sur la thématique choisie, mais plutôt impulser la réflexion”, explique Pauline Saidi, organisatrice de l’événement.  

Une précision utile, car le thème retenu pour cette 1ère édition est vaste. Et d’actualité : « Terre d’accueil ».

On souhaitait amener questionnements et échanges sur ce sujet par des regards très différents. Car il nous semble important de mettre en mots, d’illustrer et de mener des réflexions sur cette thématique – Pauline Saidi

Au total, huit artistes ont animé ces ateliers. Venant de milieux artistiques très différents, tels que la photographie, la gravure, l’illustration… tous ont en commun une vraie sensibilité à la vie des quartiers. « Cette mixité permet d’avoir quelque chose de plus objectif », souligne Pauline Saidi. La démarche de la galerie est que chaque artiste partage son art et son regard sur la société. Lors des ateliers ils proposeront ainsi des jeux, exercices et arts plastiques au public présent.

Le territoire sur lequel se déroule le festival est particulier car il est devenu lui-même une terre d’accueil avec une auberge de jeunesse qui accueille des étudiants, le camp de Calais qui accueille des migrants…

Des ateliers riches en diversité

À l’heure du bilan de la 1ère édition, Pauline Saidi est plutôt satisfaite :

Le vrai plus, c’est la mixité des ateliers, car on y trouvait des gens venant d’endroits et d’univers très différents. On a su créer une “terre d’accueil”, un lieu de rencontre. On a pu répondre aux attentes de chacun des trois publics concernés : ceux qui cherchaient à faire des rencontres, les curieux qui se laissaient porter par l’événement et les chercheurs en quête de contenu pour nourrir leur soif de connaissances.

Pour Pauline Saidi, le but était “d’arriver à croiser des publics géographiques (personnes du quartier, de l’extérieur, de l’étranger…) pour avoir des regards très différents, en âge, en habitude, en culture, en attentes…”. A l’exemple de Louis, originaire de Colombie, ravi de “découvrir les dynamiques de l’écriture, de l’image” et de participer à cet “espace de groupe pour la première fois”.

Certains ateliers sont également adressés aux enfants du quartier pour les faire participer. Lors d’un atelier d’écriture où ils se sont questionnés sur le sujet, les enfants ont réagi de façon spontanée ; d’autres, bien au courant de l’actualité, ont cherché des solutions à la problématique de l’accueil des migrants.

Ainsi, ces ateliers qui ont permis de poser des sujets très forts sur la table tout en permettant des échanges artistiques, sont une excuse pour permettre la rencontre de personnes d’univers et d’origines très différentes. Un lieu ouvert en soi. Seul regret de Pauline Saidi : le faible taux de participation des habitants du quartier.  

Camille Rolland