Le peintre Safet Zec rend hommage à la vie

Le peintre bosniaque Safet Zec expose en ce moment au musée de l’Hospice Comtesse à Lille. Jusqu’au 15 janvier, les visiteurs peuvent découvrir une centaine d’œuvres de l’artiste évoquant les thèmes de la vie : l’intimité, des objets familiers, des façades vénitiennes…

Cet automne, le musée de l’Hospice Comtesse à Lille, accueille l’exposition du peintre bosniaque Safet Zec : la peinture et la vie. Du 12 octobre au 15 janvier, pas moins d’une centaine d’œuvres sont exposées dans le musée. Résultat de quinze années de travail, elles proposent un parcours sur le cheminement intérieur de l’artiste dans sa vie créatrice.

C’est la seconde fois qu’il expose ses œuvres à Lille après l’exposition de 2001, qui portait essentiellement sur la guerre des années 1990 en ex-Yougoslavie. Les thèmes ont bien changé. Hana Zec, fille et éditrice de Safet Zec raconte :

on a essayé d’oublier la guerre, même s’il en reste des traces dans ses tableaux, il privilégie maintenant une ouverture à la vie.

Né en 1943, à Rogatica, il est tombé dès l’enfance dans les pots de peinture. Durant ses études artistiques il perfectionne sa technique et cherche la maîtrise de son trait. S’ensuit une vingtaine d’années prolifères où il se consacre essentiellement aux paysages. Figure centrale du “réalisme poétique” il devient l’un des artistes les plus importants de Yougoslavie. Mais la guerre le condamne à un exil forcé en Italie et à abandonner ses œuvres en 1992. Il se relève pourtant à partir de rien et crée à nouveau.

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©Camille Rolland Le peintre Safet Zec, accompagné de sa fille Hana Zec présente sa nouvelle exposition intitulée la peinture et la vie.

 

Une exposition à l’image du musée

Lors de l’inauguration de l’exposition, la maire de Lille, Martine Aubry a remercié Safet Zec d’avoir su s’approprier le lieu particulier qu’est l’Hospice Comtesse. Pour elle :

l‘hospitalité de cet ancien hôpital médiéval se retrouve dans les toiles de Safet Zec, qui respirent l’humanité.

Un autoportrait de l’artiste signe le début de l’exposition, qui s’ouvre ensuite sur des façades vénitiennes et une série de barques où se pose la lumière apportée par les hautes fenêtres de la salle des malades. Dans la partie centrale de l’exposition, on entre dans l’intime, drapés blancs, plis et étreintes s’y succèdent. Les visages s’effacent tandis que les mains, complexes et vivantes, sont privilégiées.

Hana Zec explique qu’au cœur de l’exposition, a été placé “l’atelier de l’artiste, son espace de travail” où se côtoient des objets familiers afin de recréer un morceau de son univers. La rencontre entre Safet Zec et la chapelle du musée est à l’origine d’une œuvre inédite : une toile grand format, représentant un homme suspendu dans l’espace de la pièce. Une dernière salle des arts graphiques offre un panel de ses carnets et petites toiles. “Illustrant parfaitement l’aboutissement de ce parcours intime des tourments de l’artiste qui travaille toujours plus pour arriver à la perfection”, commente Martine Aubry.

Camille Rolland

Pour en savoir plus :

présentation de l’exposition site ville de Lille

reportage sur l’exposition dans l’émission TAVU (Master Journalisme-Université Catholique de lille)