La communauté homosexuelle se mobilise pour les primaires de la droite

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Ce dimanche 27 novembre, il va falloir voter pour la primaire de la droite. Les homosexuels sont nombreux à se sentir concernés. Et oui, entre Fillon et Juppé, le choix est vite fait. La communauté LGBT aurait tendance à voter pour Alain Juppé. Ce n’est pas toujours par choix, mais plus pour contrer la campagne de François Fillon. Car ce dernier a une idée bien arrêtée sur les droits des homosexuels.

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Les deux candidats sont d’accord sur un point :

Ils ne souhaitent pas remettre en question le mariage homosexuel. Mais Mr Fillon veut réserver l’adoption plénière aux couples hétérosexuels. Une adoption simple permet de pouvoir conserver les liens avec la famille d’origine, alors que l’adoption plénière ne le permet pas. L’intérêt de l’adoption simple est de ne pas effacer la filiation biologique d’origine, contrairement à l’adoption plénière.
Les couples lesbiens utilisent cette procédure à l’étranger, notamment pour la PMA (Procréation Médicalement Assistée). Cette procédure est aussi utilisée par les couples gays, et souvent avec le deuxième père. Ils adoptent surtout en situation de célibat, car l’adoption conjointe pour les couples homosexuels s’avère extrêmement complexe et longue.

Pour François Fillon, la sélection naturelle veut que les couples soient constitués d’un homme et d’une femme. D’après ses mots, le candidat veut « que la filiation ne soit établie de manière exclusive qu’à l’égard de deux parents de sexe différent ». Cela vise donc à empêcher qu’un enfant ait une filiation de deux pères ou deux mères. La vision du couple selon le candidat est très traditionnelle. Il souhaite que l’enfant reste « issu d’un homme et une femme », d’après le vocabulaire de La Manif pour tous. C’est le soutien de François Fillon, avec le Sens Commun. Les couples homosexuels mariés ne pourraient donc pas se porter candidats à une adoption nationale ou internationale en tant que couple.

Et les enfants seront eux aussi mis à part. Caroline Mécary est spécialisée dans la défense des familles homoparentales. Elle est avocate et femme politique française, membre d’Europe Écologie Les Verts, ainsi que conseillère de Paris. Elle précise qu’il s’agit d’une « discrimination entre les enfants en fonction de l’orientation sexuelle des parents ». Et le projet de Fillon est, selon elle, contraire à la constitution européenne des droits de l’Homme.

Si cette nouvelle procédure est adoptée, l’égalité au sein des couples du même sexe sera mise à mal. Fillon précise qu’il n’y aura pas de retour en arrière. « La décision sera irrévocable ».
Avec tous ces changements, la communauté LGBT craint que François Fillon revienne sur les adoptions déjà prononcées. Les demandes d’adoption se multiplient ces derniers temps. Pourquoi? Pour avoir le temps de finaliser la procédure avant les présidentielles de mai 2017.
Mais les chiffres globaux de l’adoption sont en constante baisse depuis plusieurs années. En 2014, l’Etat comptait 2435 Pupilles. 4 sur 10 sont déjà placés en vue d’adoption. Les autres Pupilles de l’Etat n’étaient pas dans un projet d’adoption, pour des raisons différentes.
Les adoptions internationales sont aussi en forte diminution. En France, on a compté en 2014 moins de 1 350 adoptions internationales, un chiffre en baisse de 21 % en un an. Ces chiffres desservent les couples de même sexe. Ils ont encore moins de chance d’adopter. Et La plupart des pays refusent qu’ils puissent adopter un de leurs ressortissants.

En plus de tout cela s’ajoute les conséquences du débat sur le mariage pour tous. La communauté homosexuelle ne veut pas revivre la situation de 2013, notamment avec les manifestations et les actes homophobes à répétition.

La proposition du candidat Fillon créerait donc une inégalité entre les couples mariés hétérosexuels et homosexuels. Un retour en arrière, alors que la loi Taubira leur accordait justement les mêmes droits. Cette proposition créerait également une inégalité entre ceux qui ont pu adopter de manière plénière, avant sa future loi, et les autres. La proposition pourrait-elle être censurée par le conseil constitutionnel ?

Simon Pa.