Hollande : Au revoir Président…

 

« Moi président… ». Une phrase que nous ne sommes pas prêts d’oublier et surtout de réentendre puisque François Hollande renonce à se représenter en 2017. Une annonce qui nous amène à repenser à son parcours, à son bilan, à une image parfois ternie partout dans le monde et surtout aux réactions suscitées tout au long du quinquennat.

Jeudi 1er décembre, jour du lancement officiel de la primaire de la gauche, François Hollande a annoncé en direct depuis l’Elysée qu’il ne serait pas candidat à la présidentielle 2017. Jamais aucun président n’avait renoncé à briguer un second mandat depuis 1958. Et si François Hollande a dressé un bilan plutôt positif de ses cinq années au pouvoir, il n’a « qu’un seul regret, c’est d’avoir proposé la déchéance de nationalité ». Quant à sa promesse de baisser le chômage, il déclare : « Les résultats arrivent plus tard que je ne les avais annoncés, j’en conviens, mais ils sont là ». Une annonce surprise donc pour la plupart des citoyens et pour ses collaborateurs car seule sa famille était au courant. Et les réactions ne se sont pas fait attendre…

Adeline Mullet et Nicolas Lefevre


La simplification médiatique du discours

critique-des-medias-hollande

« Renoncement », « promesses tenues, promesses bafouées », voilà les termes que reprennent les titres de la presse depuis l’annonce de François Hollande de ne pas être candidat à sa propre succession. Et une nouvelle fois, les médias ont failli à leur devoir d’information sur internet. La plupart des consommateurs d’information le font par le biais des réseaux sociaux. Seuls importent alors les titres, les citations et les réactions politiques. Et ce qui en ressort n’est pas conforme au discours lui-même. Pour une fois, il aurait fallu se contenter du discours, ne pas passer par le filtre médiatique qui pèse en de telles circonstances. Et éviter la simplification d’un discours tout à l’honneur de François Hollande.

Rachel Pommeyrol


Réactions des politiques 

Face à la décision de François Hollande de ne pas se représenter pour un second mandat, les membres du gouvernement Valls ont réagi à l’annonce. Najat Vallaud-Belkacem et Jean-Marc Ayrault saluent cette « courageuse décision ». Ils soulignent également que cette dernière, dont la seule motivation serait l’intérêt du pays, a été mûrement réfléchie. Pour Arnaud Montebourg la gauche va maintenant préparer son avenir. Selon Silvia Pinel, Hollande « offre à la gauche de nouvelles perspectives pour rassembler les Français ». Emmanuel Macron explique que « la décision qui est la sienne n’est pas neutre, quelle que soit son impopularité.»

A droite, François Fillon, candidat Les Républicains à la présidentielle 2017, soutient qu’Hollande « admet avec lucidité son échec ». Cet avis est partagé par Jean-Luc Mélenchon. Marine Le Pen a également réagi à l’annonce «Je vais avoir contre moi les doublures, bien souvent elles ont les défauts des premiers rôles sans en avoir les maigres qualités ». L’annonce de François Hollande est donc recueillie de façon mitigée par les différents partis du pays, qui attendent de connaitre le candidat qui représentera la gauche.

Justine Brasier


Insolite : comment François Hollande aurait pu faire son annonce ?

crédit AFP youtube @Jeremstar montage Slate.fr.jpg

Une allocution aux Français, en direct, comme c’est démodé ! Pour annoncer qu’il ne se représentera pas,  François Hollande aurait pu rivaliser d’ingéniosité et de modernité. Par exemple, en s’installant dans la baignoire du célèbre blogueur people Jeremstar. Même s’il reste fort à parier que les fameux « Je hurleeee » du journaliste 2.0 parasiteraient le discours d’adieu. Entre deux anges déchus de la télé-réalité, Saint Hollande aurait enfin pu monter dans les sondages, auprès des adolescents boutonneux notamment. Dommage que le public de Jeremstar ne possède ni l’âge légal ni le quotient intellectuel pour aller voter.

 Ou, toujours dans le même esprit, s’inviter sur le plateau de Touche Pas à mon Poste. Assis quelque part entre Matthieu Delormeau et Enora Malagré, Cyril Hanouna aurait su humilier le président comme personne. On imagine non sans peine « Baba le pakistanais » foutre des nouilles dans le caleçon présidentiel tout en pouffant « Ma petite beauté, dis-nous comment tu as pécho Julie Gayet. Non mais vrai frère c’est un canon ! Il y en a qui ont déjà ken Gayet autour de la table ? ». Une séquence qui aurait fait un joli record d’audience, c’est certain. En même temps, du moment que les chiffres dépassent les 4 %, ce n’est pas François qui s’en plaindra !

Melissa Chevreuil


Holl’round the world

L’action de François Hollande ne satisfait que 4 % des 17 047 personnes interrogées lors de la 7e étape de l’enquête électorale du Cevipof FRANCE (3 % en sont « plutôt satisfaits » et 1 % « très satisfaits »). Les résultats à peine dévoilés ont laissé place à une ribambelle de moqueries aussi bien sur les réseaux sociaux (cf image du tweet de sniperdedroite), que dans les journaux du monde entier.

cvm0yofwcaa535f
Image – TweetSniperDeDroite »Qu’y a-t’il de commun entre François Hollande et un yaourt ? »

De l’international Herald Tribune au Guardian, la presse étrangère se fait un plaisir de refaire le portrait du président français en titrant : « Nocif et ridicule ». Rappelons que ce quotidien Anglais de centre-gauche fut autrefois un chaud partisan du président socialiste. Ainsi on se rend compte qu’il n y a pas qu’en France que sa popularité est en chute libre.

La presse allemande est sans pitié avec François Hollande. L’hebdomadaire de centre gauche Der Spiegel juge Hollande « drôlement ridicule ». Et pour le Handelsblatt, la bible des affaires, Hollande est « un président qui n’a pas le goût du risque ». Animé d’une certaine indulgence, le Spiegel souligne que l’exercice était une «mission impossible». Hollande voulait montrer que «la France a un président, même si ce n’était pas toujours une évidence ces derniers mois». Il «a réussi dans cet exercice, autant que c’est possible lorsque l’on n’a rien de concret à offrir ».

L’annonce de la non candidature de François Hollande à l’élection présidentielle n’a pas surpris la presse étrangère. Tous pointent l’impopularité record du Président de la République. En dehors de nos frontières, l’annonce de François Hollande qui a confirmé qu’il ne briguerait pas un deuxième mandat n’a pas surpris. Le Guardian, quotidien britannique, a ainsi envoyé cette notification à ses abonnés :

CynVjAsXAAEJDwd.jpg

« François Hollande, le président français le plus impopulaire depuis la Seconde Guerre mondiale renonce à un deuxième mandat. »

La presse américaine a emboité le pas:

presse américaine.jpg

« ALERTE : François Hollande, le président socialiste français, particulièrement impopulaire, annonce qu’il ne se représentera pas. »

Il faut se tourner vers nos voisins du Temps pour que le président reprenne quelques couleurs. Pour le quotidien suisse, François Hollande est apparu digne et se pose en « fin tacticien » préparant la future campagne de Manuel Valls, son actuel Premier ministre ou de celui qui sortira vainqueur de la primaire socialiste

Anissa Sebou


François Hollande en quelques dates

Infographie Hollande.jpg

Alexandre Genest


« Un président ne devrait pas dire ça… » : Le coup de grâce

livre.jpeg

Le 20 octobre, deux journalistes du Monde publient le livre évènement : « Un président ne devrait pas dire ça… ». Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont réuni dans un recueil de 672 pages les confessions de cinq ans de présidence. En croyant bien faire, François Hollande s’est au final coulé tout seul. Avec l’interdiction de relire l’ouvrage avant sa publication, il n’a pas pu contrôler ce qui allait être dit. Résultat ? Tous ses petits secrets se sont révélés au grand jour. Des magistrats accusés de lâcheté, des propos suspects sur le port du voile, des commentaires sur certaines personnalités publiques comme Claude Bartolone par exemple ou encore des confidences personnelles : depuis la mi-octobre, la descente aux enfers du président s’est nettement accélérée. Les polémiques se sont multipliées et même le monde politique lui a tourné le dos. Une idée plutôt bonne qui est devenue le point de départ du renoncement.

Julia Grouz


Toutes les femmes de sa vie

6872708.jpg
Couverture Closer 10 janvier 2014

Doit-on vraiment rappeler ses déboires amoureux ? Après avoir rencontré Ségolène Royale à l’ENA à la fin des années 70, ils vivent ensemble jusqu’à leur séparation le soir des élections législatives de 2007. A partir de 2000, il s’amourache de Valérie Trierweiler, une journaliste politique chez Paris Match. Elle devient première dame lors de l’élection de son amant en 2012. Mais… en 2014 scandale à l’Elysée, des paparazzis du magazine people Closer prennent Hollande en flagrant-délit d’un possible adultère avec une actrice française du nom de Julie Gayet. Mme Trierweiler, alors trompée et humiliée, évoque ce scandale dans un essai autobiographique « Merci pour ce moment ». Dès lors, François Hollande est perçu comme un Président malhonnête en amour.

                                                                                                                                                  Gwladys Schiex


Valls, le choix de la raison pour le président ?

Charlotte.jpg
AFP/ERIC FERERBERG

Alors que la non-candidature de François Hollande est sur toutes les lèvres, une question se pose : le repas avec son premier ministre le 29 novembre a-t-il précipité cette décision ? A moins de six mois de la présidentielle, Manuel Valls avait annoncé se préparer à l’échéance 2017 dans le Journal du Dimanche du 27 novembre. La démission du locataire de Matignon avait été immédiatement démentie par l’Élysée. Pourtant, il est là, il se tient prêt et tous les regards médiatiques seront tournés sur lui ce samedi, lors d’un meeting à la « Belle alliance populaire » du Parti Socialiste. Valls avait indirectement menacé de se présenter contre le chef de l’État.

Maintenant que ce dernier n’est plus dans la course, le boulevard est là. Traumatisé, selon ses proches, par l’échec de la campagne de Lionel Jospin, resté Premier Ministre jusqu’au bout, il serait aussi proche de la démission. Mais François Hollande a-t-il démissionné en faveur du chef du gouvernement ? Rien n’est moins sûr, les rappels à l’ordre ont été nombreux et cette non-candidature semble plus humaine qu’un retrait vis-à-vis de Manuel Valls. La décision de François Hollande de ne pas se représenter a été un choix difficile mais le plus dur reste à venir. Quel candidat de gauche soutenir ? Si seul Montebourg s’est officiellement lancé pour la Primaire, la valse des ministres va probablement commencer pour pouvoir se mettre sur la ligne de départ. Reste à savoir lequel recevra la bénédiction présidentielle.

Charlotte Lairé


Hollande et Macron : les histoires d’amour finissent mal… en général

8969975
AFP/PATRIC KOVARIK

À titre personnel, je suis extrêmement sensible au message que François Hollande vient de faire devant les Français. Parce que je pense et je sais ce qu’il représente pour lui quand on est un responsable politique, qu’on a passé sa vie dans le combat politique, prendre la décision qui est la sienne aujourd’hui n’est pas neutre, quelle que soit son impopularité actuelle »– Macron sur RTL, hier soir.

Si Macron a salué la décision “courageuse” et “digne” du président, il n’a pas toujours été aussi tendre à son égard. Le 18 avril 2016 : c’est le drame. Macron accorde une interview au magazine belge Le soir et “oublie” de faire relire le contenu par Matignon (comme le veut la règle). Hollande, alors en déplacement en Egypte, découvre le contenu qui mentionne le mouvement “En Marche” et une potentielle… présidentielle. Le président demande le retrait des propos mais c’est trop tard : Emmanuel a trahi. En privé, Hollande se reproche d’avoir été “trop bienveillant”.

Il faut remonter quelques mois en arrière, au temps de l’idylle entre les deux hommes. En 2006, Jean-Pierre Jouyet présente Macron à Hollande. Le coup de foudre est immédiat. Hollande prend le jeune homme sous son aile et l’invite aux préparations de la primaire. « Hollande traite Macron, depuis le début, comme il aurait aimé que François Mitterrand le traitât, estime un proche. Il se voit en lui. » Au lendemain de l’élection présidentielle de 2012, l’Amiénois quitte son poste à la banque Rothschild pour devenir secrétaire-général adjoint de l’Elysée. Il a seulement 34 ans.

Les premières querelles arrivent avec le premier remaniement. Pour le président, impossible de nommer comme ministre quelqu’un qui n’a jamais été élu. Vexé, Emmanuel Macron quitte le secrétariat général de l’Elysée. C’est le départ précipité de Montebourg qui offre à Hollande l’occasion de faire sa demande : Emmanuel veux-tu être le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique dans le gouvernement Valls II ? Macron scelle la réconciliation d’un “oui” enthousiaste. Le chef de l’Etat croit avoir tout gagné. Dans un entretien dans Challenges, il décrit l’ancien banquier comme « un type gentil, gai, qui n’a pas mauvais esprit ni une ambition dérangeante« . Il parle même d’une « harmonie politique et personnelle » avec le ministre. Mais parfois, l’ambition se met en travers de la voie … Les premiers accrocs ont lieu début 2016 : lors du débat sur la déchéance de nationalité, sur la question des réfugiés, sur le terrorisme, Emmanuel Macron fait entendre sa différence.

L’inéluctable finit par arriver: le 30 août Macron quitte le gouvernement. Il a décidé de jouer son propre jeu et de se consacrer à son mouvement “En Marche”. Reste, pour l’ancien maire de Tulle, une dernière conviction : lui, n’a jamais joué contre sa famille politique.

Marine Dessaux


Le Hollande bashing est-il allé trop loin ?

Jamais un président n’avait été aussi moqué. Moins people que Sarkozy et beaucoup moins cool que Chirac, François Hollande est l’image de ce qu’il a voulu créer en 2012 celle d’un président « normal ». Dès les premiers mois, François Hollande faisait face au vent, à la pluie et puis aux attentats :  d’abord celui de Charlie Hebdo, puis ceux qui auraient pu lui coûter la vie, le 13 Novembre 2015 et enfin Nice le 14 juillet 2016. Ce jour-là, personne ne s’est moqué de lui. Il a pris la parole le soir même et a su prendre des décisions, qui même si elles n’étaient pas réconfortantes, montraient l’étendue de sa capacité à faire face à l’horreur.

Le bilan médiatique et populaire de François Hollande est sans appel. Il est le président le plus moqué et a la cote de popularité la plus basse de l’histoire des présidents français. Mais son bilan politique est loin d’être une catastrophe, en 2012 le pays était au bord de la faillite et malheureusement pour lui les résultats de son investissement ne seront visibles que tard. Humilié par tous ses passages télés, l’humiliation continue jusqu’à ce jour avec les critiques virulentes des candidats de la primaire de droite lors des débats. Mais aussi avec l’annonce des candidatures de ses plus proches alliés : Manuel Valls et Emmanuel Macron.

Comment garder la tête haute quand on est pris à la gorge par son propre parti ? La réponse il l’a donnée hier : renoncer à un autre mandat. Par ce geste symbolique, François Hollande passe du statut de président ridicule à président réaliste. C’est avec sincérité, humilité et les larmes aux yeux que le chef d’Etat met fin à un mandat très mouvementé. Mais que François Hollande se rassure, partir aussi dignement restera dans l’histoire.

Chloé Pulvirenti


Hollande et la politique étrangère

Si François Hollande n’a pas convaincu les Français lors de son mandat en matière de politique intérieure, certains s’accordent à dire qu’il a remis la France sur le devant de la scène dans la politique étrangère. A commencer tout d’abord par l’accord dit historique de la COP21, signé en décembre 2015 et ratifié par 175 pays en avril 2016. Certes, le climat était favorable à une ratification. Les grandes puissances jusqu’alors réticentes, ont pris conscience du réchauffement climatique en particulier, la volonté de la Chine à réduire ses gaz à effet de serre. Mais il fallait une voix pour unifier et guider ce traité.

La France a ainsi choisi l’écoute mais aussi le compromis et la synthèse pour s’accorder. La France a également joué un rôle majeur dans la résolution du conflit entre l’Iran et la scène internationale. Le processus avait été lancé par la France en 2003, en total transparence avec les Etats-Unis et Israël avant d’être arrêté entre 2005 et 2012. En 2013, l’élection de Hassan Rohani en Iran, a ouvert la porte à de nouvelles négociations. En juillet 2015, après deux longues années de discussion, le groupe des six (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne) et l’Iran ont ainsi trouvé un accord sur le nucléaire iranien. Cet accord peut être une étape dans le degré de confiance envers les iraniens et à terme, entraîner un effet domino démocratique.

Autre point important dans la politique étrangère de Hollande, sa gestion de la crise en Ukraine. Même si cette dernière n’est pas encore réglée, la France en lien avec l’Allemagne, a permis un pas vers la résolution de ce litige, en particulier avec l’accord de Minsk. Cependant, malgré une relation tendue entre Hollande et Poutine, ces derniers ainsi que Merkel sont d’accord pour un sommet à Berlin. Pour l’heure, aucune date n’a été fixée.

Marine Fouquez


 

Des promesses, toujours des promesses….

Dans sa remarquable anaphore du 2 mai 2012, François Hollande avait énuméré quinze mesures à prendre après son investiture. « Moi Président » a-t-il tenu ses promesses ? Entre autre, il n’a pas réussi à organiser de « grands débats citoyens » comme il le souhaitait, ni d’instaurer une parité homme-femme au sein du gouvernement. Sa « présidence normale » ? Impossible à entretenir à cause de sa rapide impopularité et des attentats sur le sol français. Concernant sa volonté de décentraliser vers les collectivités locales, il n’a pas su se faire entendre. Quant à l’introduction d’une représentation proportionnelle aux législatives de 2017, cette dernière a très vite fini aux oubliettes. Seuls deux engagements ont été tenus : une justice indépendante et la reconnaissance des partenaires sociaux. De quoi atténuer la présidence compliquée de François Hollande.

Théo Palud


Résumé du bilan de son quinquennat

francois-hollande-le-30-septembre-2014-a-l-elysee-a-paris_5121010
AFP/THOMAS SAMSON

Concernant le chômage, le nombre d’inscrits a diminué de 100 000 cette dernière année mais cette « inversion » de la courbe est à nuancer puisqu’on compte 84 000 chômeurs de plus sur l’ensemble des catégories.

Côté croissance, si l’économie française a semblé repartir en 2014 et 2015, elle a connu un nouveau recul au deuxième trimestre de 2016.

L’objectif de ramener le déficit public à 3% du PIB serait cependant atteint : la Commission européenne prévoit ainsi 2,9% de déficit public à la fin de l’année 2017.

La dette publique quant à elle devrait finalement approcher 100% du PIB en 2018 selon l’OCDE.

En ce qui concerne la pression fiscale, les entreprises auraient bénéficié de 20,6 milliards d’euros d’allègements de prélèvements obligatoires selon l’OFCE, tandis que les ménages les ont vus augmenter fortement à hauteur de 35 milliards d’euros. Douze millions de ménages ont cependant bénéficié depuis 2014 d’une baisse d’imposition mais cette initiative nous empêche de parler d’une baisse de l’imposition depuis 2012.

Le bilan est mitigé concernant les sujets de société : la mesure symbolique de la loi Taubira pour le mariage pour tous s’est heurtée à beaucoup d’opposants mais a finalement été adoptée. La loi sur la fin de vie qui a instauré le droit à la « sédation profonde et continue » a été adoptée à l’unanimité. Cependant, le projet d’inscrire la déchéance de nationalité dans la Constitution a divisé son camp et l’a forcé à renoncer à cette réforme qu’il a d’ailleurs regrettée publiquement lors de sa dernière allocution.

Sur le plan international, le bilan est fortement marqué par le conflit syrien : le Président a dû renoncer et faire perdurer le statu quo en Syrie, tout en dénonçant régulièrement les crimes de guerre de Bachar Al-Assad, soutenu par Poutine. Il a également décidé d’engager l’aviation française dans les frappes de la coalition internationale contre l’organisation Etat islamique (EI) en Syrie après les attentats du 13 Novembre.

En matière d’écologie, le succès de l’accord historique de la COP21 pour limiter le réchauffement climatique sous 2 degrés n’est toutefois pas contraignant et prévoit une procédure de sortie des Etats… On note que François Hollande a respecté son engagement de réduire de 50% de la part du nucléaire dans la production d’énergie française. Les dossiers de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et du projet de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes viennent cependant assombrir le tableau.

Juliette Pietraszewski


Ce dossier a été publié sous la direction d’Adeline Mullet et Nicolas Lefevre