ZEP réinvente le musée

Pour l’édition 2016 de l’Open Museum, le Palais des Beaux-Arts de Lille accueille l’auteur de bande-dessiné le plus populaire de France : Zep.  Armé d’un simple crayon, il revisite l’histoire de l’art et bouscule le musée en n’épargnant ni les artistes, ni les modèles !

Après le succès des deux premiers Open museum, avec le groupe AIR en 2014 et le personnage de Donald en 2015, le Palais des Beaux-arts accueille le père de Titeuf entre ses murs du 18 mars au 31 octobre. Carte blanche lui a été laissé pour apporter son regard personnel sur les collections et établir un dialogue avec les œuvres et les espaces du musée.

Zep s’est donc lâché et propose une relecture actuelle et impertinente de l’histoire de l’art et du musée qui donnent vie aux sculptures et aux tableaux… y compris les natures mortes ! Laura, la médiatrice du musée explique :

Dans l’open museum on va le suivre à travers sa visite dans le musée donc c’est une sorte de jeu de piste, le visiteur va marcher sur ses pas et il va découvrir des projections ou des réadaptations des collections permanentes.

Ainsi lorsque l’on se balade de salle en salle on se surprend à apercevoir des gags sur l’histoire de la peinture, une projection particulièrement potache sur une oeuvre ou encore des pastiches entre les grands toiles d’artistes tels que Goya, Claudel, Rubens, Matisse, Monet ou encore Courbet.

Un choc des cultures destiné à attirer un public plus jeune

“Enfant, je ne voulais pas aller dans les musée car ils me faisaient peur. Je trouvais qu’ils ressemblaient à un cimetière” a confié le dessinateur. Et pourtant aujourd’hui, il s’y attarde et s’y installe même. Une salle lui est d’ailleurs dédié, présentant ses planches originales issues de bandes dessinés mais aussi des croquis ou carnets de voyages. La médiatrice de l’exposition Laura raconte que Zep a voulu présenter :

Une vision de la société à travers les yeux d’un enfant et tout ça avec un humour faussement naïf.

Et c’est cet humour dérisoire qui désacralise le musée le transformant en un lieu vivant. On pourrait penser qu’il manque une case au musée, mais il joue en réalité sur ce côté décalé pour s’adresser à un public plus varié et novice en terme d’art. “C’est bien que des petits aimants comme ça fassent venir un public qui n’est pas habitué à venir dans un lieu plutôt austère” rapporte un visiteur.

Il n’y a pas que Zep qui a le droit  d’écrire sur les murs du palais des Beaux-arts, tout un mur de l’atrium est occupé par une grande page de BD vierge. Le public et particulièrement les enfants peuvent donc laisser parler leur imagination. L’opération a fait fureur, a tel point qu’il n’y aura bientôt plus de place pour dessiner. La médiatrice affirme:

Les enfants sont peut-être un peu réticents à venir dans un musée, donc avec Zep, cela sera beaucoup plus ludique, agréable, créatif.

En espérant accueillir cette année 100000 visiteurs, le musée est donc très loin du cimetière imaginé par le petit Zep.

Camille Rolland

Pour en savoir plus : site Palais des Beaux-Arts