Avenir de la Catalogne: qu’en disent les étudiants espagnols de Lille ?

Alors que l’indépendance a été votée à hauteur de 90% du côté catalan, Mariano Rajoy, président du gouvernement espagnol, réduit de plus en plus l’influence de son opposant. Nous avons cherché à connaître l’avis des étudiants espagnols en Erasmus à Lille.

       Le gouvernement catalan qui, jusque-là, gérait une partie de son système économique et politique, va perdre son autonomie sur ces différents points. Une décision qui sonne comme une punition de la part de Madrid, réprimant ainsi l’opposition. Si les Catalans ne devraient normalement pas subir les conséquences de cette réduction d’autorité, ils n’en restent pas moins inquiets.

Irene, étudiante catalane ERASMUS à Lille, craint par exemple de lourdes conséquences sur un système qui fonctionne bien jusque là : “L’Etat espagnol souhaite simplement reprendre le dessus sur un territoire et ainsi récupérer les richesses produites par ce territoire, qui s’avère être le plus productif du pays”.

Joaquin lui, considère que Madrid a le devoir d’offrir l’indépendance au territoire catalan. “En tant que territoire, la Catalogne a le PIB le plus élevé, nous n’avons pas besoin de l’Espagne pour nous en sortir” déclare-t’il avant d’ajouter: “je ne comprends pas non plus pourquoi on paye d’énormes taxes pour un pays qui ne nous donne rien et n’a aucune considération pour ce que nous sommes”.

Un soutien qui se ressent aussi du côté espagnol puisque certains considèrent que le désir d’indépendance de la Catalogne est légitime, c’est le cas notamment d’Isabel, étudiante espagnole : “Il est difficile de négocier avec le parti populaire. Pourtant, offrir l’indépendance à la Catalogne me semble logique, il s’agit de reconnaître un territoire qui fonctionne déjà en partie de manière autonome”.

      A l’inverse, certains sont favorables à la décision du président du gouvernement espagnol : “Je considère que la Catalogne désire l’indépendance uniquement d’après des arguments sentimentaux et symboliques. Je ne vois donc pas pourquoi on compliquerait un peu plus les choses dans un pays déjà fragile financièrement” rapporte Arturo, étudiant espagnol.

      Si les avis divergent, il n’en reste pas moins que la décision ne relève plus de la population mais bel et bien des différents gouvernements et chefs d’état. Le sort du camp catalan devrait être scellé dans les prochains jours.

Nicolas LEFEVRE