Nouveau contrôle technique en Mai 2018 : des changements radicaux

Les automobilistes vont grincer des dents. Le contrôle technique sera plus strict, mais aussi plus cher. Dès le 20 mai 2018, le nouvel examen devrait mettre à rude épreuve nos chères mécaniques. Décryptage.

A compter de la date fatidique du 20 mai prochain, le nouveau contrôle technique se pliera à la directive européenne de 2014, visant à l’harmonisation de ce dernier dans tous les Etats membres. Mais surtout, elle a pour objectif de réduire les victimes de la route et de la pollution. Une mesure fait polémique : l’obligation de faire réparer son véhicule dans les 24 heures suite à une contre-visite. Dans les faits, cela semble impossible.

En effet, chaque automobiliste devra réparer son véhicule d’ici la fin de la journée, en cas de défaillance critique. Ce délai semble tout bonnement difficile à tenir, en raison des rendez-vous à prendre auprès des garagistes. Ces derniers se trouvent bien souvent débordés, et ne peuvent accorder une date que quelques jours plus tard.

Une réparation quasi impossible

En outre, le contrôleur technique appose une vignette de contre-visite, valable jusqu’à la fin de la journée. Si le conducteur décidait de prendre sa voiture le lendemain, il s’exposerait à un PV de 135 euros.

Aussi, le nombre de points de contrôle passe de 123 à 132.  Les 606 défaillances quant à elles, se divisent en trois catégories : 127 défauts dits critiques, 340 majeurs et 139 mineurs (anciennement ceux non soumis à contre-visite). Désormais, on passe de 196 défaillances actuellement à 467 via la nouvelle réglementation.

Normalement, dans le cadre des défaillances majeures, les automobilistes ont droit à un délai de deux mois pour réparer leur véhicule et passer la contre-visite, sur le même modèle que le CT d’avant la réforme.

Des défaillances critiques ….

Elles portent sur des points essentiels de sécurité et sanctionnent notamment la corrosion excessive et perforante du châssis, une déformation importante d’un ou de plusieurs longerons, une fuite voire l’absence de liquide de frein, l’usure trop prononcée des plaquettes et des disques.

Si la performance du freinage n’atteint pas la moitié du résultat attendu, la voiture recevra une vignette de contre-visite. Un siège conducteur mal fixé, un pare-brise fissuré, un jeu excessif dans la direction, des fuites de liquides, comme de l’huile ou du liquide de refroidissement, des portes impossibles à fermer, un ou plusieurs rétroviseurs cassés ou absents, des pneus trop usés ou entaillés, des feux stops grillés, un pare-choc ou un échappement mal fixés…. autant d’éléments listés par la directive européenne et faisant l’objet d’un classement au sein des défaillances critiques.

….qui pourraient augmenter le taux de contre-visites

« Un véhicule sur deux pourrait revenir en contre-visite après la mise en place de ce contrôle sévérisé », témoigne Dominique Bacquet, contrôleur dans le centre de contrôle technique Sécuritest de Courcelles-lès-Lens. Au vu de l’augmentation du nombre de points de contrôle, le contrôle devrait donc être plus long. Par ailleurs, les tarifs vont également être plus élevés.

Au final, les automobilistes accueillent plus ou moins bien la mesure. Si l’on se rend sur la page Facebook « On alerte dans le 59/62 », les commentaires sont explicites. Certains parlent de « racket », d’autres n’hésiteront pas à rouler sans contrôle technique si leur véhicule était refusé, faute de moyens de réparer leur véhicule. L’harmonisation promet d’être douloureuse!

Alexandre GENEST