Le Black Friday bien parti pour s’installer dans les esprits français

Débarqué dans l’hexagone il y a sept ans, le vendredi noir est une journée de soldes exceptionnelles qui s’impose petit à petit dans la vie des français. Retour sur une semaine et demie d’offres plus mirobolantes les unes que les autres.

Odile a 79 ans. Pourtant, elle est assaillie par les publicités qui vantent les mérites du Black Friday. “C’est principalement par textos que j’ai entendu parler de cette journée mais aussi au travers de mes mails et de mon courrier”, explique-t-elle.

Sans la multitude d’annonces publicitaires à la télé, à la radio et sur les réseaux sociaux, ce vendredi 24 Novembre n’évoquerait absolument rien de particulier aux français. Pourtant, un peu à la manière d’Halloween il y a une vingtaine d’années, le Black Friday se décline en bleu, blanc, rouge. Selon une enquête Médiamétrie, trois quarts des internautes ont déclaré vouloir participer à l’événement. Preuve que le principe prend bien : sur le territoire, le fameux weekend a établi un record de transactions bancaire.

Un concept qui n’en finit pas de séduire

Victor a 12 ans à peine. Pourtant, comme un adolescent, il utilise Snapchat et en profite pour exprimer à tout son répertoire son intérêt pour le vendredi noir. “Vive le black friday !” s’exclame-t-il en accompagnant sa photo d’un smiley avec le signe du dollar à la place des yeux.

Depuis quand les enfants s’intéressent-ils aux soldes ? Sûrement depuis que ces dernières tombent juste avant Noël ! En effet, les magasins qui prévoient de grosses réductions à l’approche du black friday fournissent, en général, de nombreuses idées de cadeaux. Un concept dont beaucoup sont friands et qui s’allonge dans le temps. Le vendredi noir a ainsi commencé dès lundi à la Fnac, chez Darty et Carrefour. Chez H&M, un “compte-à-rebours” a même été mis en place.

.. et prend des allures de course effrénée à la consommation

Comme si les “avants-premières” au black friday ne suffisaient pas, il faut jouer les prolongations. La journée de soldes se transforme donc en weekend puis en semaine supplémentaire. La plupart des offres provenant d’internet, on parle de “Cyberweek”. Aux Etats-Unis, le cyber-monday a d’ailleurs dépassé le black friday avec 6.59 milliards de dollars dépensés contre 5.03 milliards, selon Statista GmbH.

Robin a 22 ans, elle est assistante de design chez Mark&Spencher. La jeune londonienne essaie de se tenir à l’écart de tout ce grabuge. “Je connais beaucoup de gens qui profitent des promotions pour acheter des cadeaux de Noël, mais cette année, je n’avais vraiment pas l’énergie pour le faire”, témoigne-t-elle. Elle qui travaille dans le milieu du design et de la mode observe de loin le phénomène prendre de l’ampleur : “Je pense que cette tendance va continuer à se développer avec le temps. Chaque année, la compétition entre les magasins ne fait qu’augmenter. Tous veulent avoir les meilleures réductions.”

Une réalité qui semble réussir à Priceminister et à Amazon qui ont respectivement augmenté leur chiffre d’affaires de 50% et 40% en une journée