Livreurs de repas à domicile : « On veut rentrer en vie chez soi le soir »

Depuis quelques semaines, les livreurs à vélos sont pointés du doigt pour leurs prises de risques sur la route. Tom Delebarre, livreur pour Foodora, tente d’enlever cette image de dangers ambulants qui les poursuit.

Les livreurs de repas à domicile sont-ils des dangers publics ? Si l’on se réfère aux derniers articles parus à leur sujet ces dernières semaines, il semblerait que ce soit le cas. Après le sérieux accident survenu entre un cycliste Uber et une piétonne début octobre, les regards se sont focalisés sur ces « riders » qui bravent tous les dangers pour livrer en temps et en heure leurs commandes.

Face aux critiques, Tom Delebarre, coursier pour Foodora depuis septembre, rappelle que les premiers à être en danger, ce sont eux. « Le risque peut venir de n’importe-où : voitures sans clignotants, personnes sur la piste cyclable, passants, etc » précise le jeune Marcquois de 23 ans, ajoutant qu’il est « dur d’anticiper les gestes des gens autour de nous. »

Si les coursiers prennent des risques lors de leurs livraisons, ce ne sont pas pour des raisons de qualité de service voire de concurrence entre les différentes sociétés : « on s’adapte, pour notre sécurité, en essayant d’anticiper les gestes des autres usagers de la route ». Entre problèmes de cohabitation avec les passants et les conducteurs imprudents, les livreurs à domicile tentent de minimiser les risques pris.

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Tom Delebarre est coursier chez Foodora depuis septembre.

Selon Tom Delebarre, « il y a des accidents tous les jours avec des livreurs, certains coursiers ne sont même pas formés et ils sont ensuite lâchés sur le terrain », déplore-t-il, « mais ce n’est pas pour autant que l’on doit mettre tout le monde dans le même panier ».

Face aux risques de la route, les coursiers à vélos bénéficient d’une assurance bien qu’étant auto-entrepreneurs. « Depuis le 1er novembre, nous bénéficions d’une assurance de responsabilité civile professionnelle. Elle couvre tous types d’accidents et n’est pas déduite de notre salaire, seule une franchise de 150 euros est à payer. »

Dans un climat tendu, où une « haine anti-coursiers » commence à se faire sentir, les livreurs tentent de calmer la situation : « On veut rentrer en vie chez soi le soir », rappelle Tom.

Théo Palud