La malbouffe estudiantine : entre manque de temps, rythme de vie décalé et fainéantise

Le régime alimentaire déséquilibré des étudiants ? Ce n’est un secret pour personne ! Oui mais voilà : depuis plusieurs années de multiples commerces se bousculent pour proposer une alternative saine aux jeunes français. Alors pourquoi les choses n’ont elles toujours pas bougé ?

Diane et Noémie ne sont qu’en première année de licence et pourtant, en ce mois de Décembre, elles ont abandonné l’idée de déjeuner à heures régulières. « Depuis la rentrée, je me lève plus tard donc tous mes repas sont décalés, explique Diane. En période de partiels, j’abandonne carrément l’idée de manger aux alentours de midi : c’est le seul moyen d’obtenir une place à la bibliothèque. » En effet, il est plus de 15h et les deux jeunes filles sont en train d’entamer leur sandwich. « Le restaurant universitaire est blindé, de toute façon, regrette Noémie. On est souvent obligées de manger vite et mal, parfois même pendant les cours ! »

La pause midi bien souvent synonyme de repas rapide, sans saveur et qui ne nourris pas

Malgré les années qui passent et l’habitude de ce nouvel environnement, les étudiants, en plus de manger à des horaires décalées, se rabattent sur les plats tout faits le midi.

« Comme je vis chez mes parents, le soir je me nourris correctement. Mais en entrant à l’université, mon repas du midi est devenu de plus en plus déséquilibré. En licence, je mangeais un sandwich et un dessert et j’allais même au restaurant universitaire de temps en temps. Mais en master, j’ai beaucoup moins de temps le midi et je me contente de plats tout prêts qui sont mauvais pour la santé et n’ont même pas bon goût ! » témoigne Justine, élève en dernière année de master. Son amie Léa renchérit : « En plus, ça ne nourrit pas. Je mange un plat de pâtes entier et j’ai encore faim une heure après ».

 

La paresse : un facteur malbouffe non-négligeable

Il semblerait que les mauvaises habitudes alimentaires se perpétuent le soir, souvent par manque de temps… et parfois par pure paresse. Nombreux sont les étudiants adeptes de la combinaison fast-food/kebab/pizza. Selon une étude réalisée en 2015 par la mutuelle étudiante Emevia, 35% des étudiants estiment avoir une alimentation déséquilibrée. Un pourcentage qui s’amenuise cependant à l’approche du doctorat, sûrement parce que l’autonomie et la responsabilité viennent avec le temps et l’expérience.

Hugo, 23 ans, regrette l’époque pendant laquelle il n’avait pas à préparer ses repas: « Quand j’étais chez mes parents, j’étais bien nourri. Il me suffisait de mettre les pieds sous la table, et j’avais mes trois repas par jour. » Ne plus avoir quelqu’un qui vous couve oblige à adopter de nouveaux réflexes. Il faut anticiper chaque repas, et puis les préparer. Pas simple, quand on est habitué à ce que les autres le fassent pour vous, comme Hugo: « Parfois, le soir, j’oublie même que je dois manger. Souvent, quand je ne trouve pas le courage de cuisiner quelque chose d’équilibré, je mange des plats préparés. Autant dire que mon alimentation n’est pas top. »

 

Pauline Leclercq et Marine Dessaux

 

Crédit image : Wikipedia Commons.