« La maison de l’horreur » aux USA : Le procès du « homeschooling » ?

   Arrêtés le 14 janvier dernier par les forces de l’ordre en Californie, David et Louise Turpin sont accusés d’actes de maltraitance et d’avoir retenus prisonniers leurs treize enfants pendant plusieurs années. Face à l’incompréhension mondiale, nombre de personnes s’interrogent sur les dangers du « homeschooling » (l’école à la maison) suivi par les enfants Turpin.

   La fin d’un mauvais Disney sadique. Alors que les Etats-Unis restent sous le choc et dans l’incompréhension, les époux Turpin ont été incarcérés le 18 janvier dernier et risquent la prison à vie. Ils sont accusés de maltraitance et d’emprisonnement, après que les autorités aient découvert leurs treize enfants enfermés et ligotés. Au vue du procès, certaines associations se sont portées volontaire pour dénoncer l’absence totale de contrôle dans le système du « homeschooling« , littéralement « école à la maison », qui a permis aux parents Turpin de cacher leurs actes pendant des années.

Du « homeschooling » au « unschooling »

   Ce mode éducatif reste récent mais s’est vite développé aux Etats-Unis. Il représente aujourd’hui plus de 3 % des enfants scolarisés, soit plus de 2 millions de petits Américains. Les parents font ce choix principalement pour raisons de santé, financière ou religieuse, jugeant l’enseignement américain insatisfaisant ou par peur de l’influence négative du milieu scolaire (agressions, drogue etc…). Ils peuvent ainsi déclarer leur domicile comme une école privée, à l’image de la Sandcastle Day School de David Turpin, avec un contrôle de l’Etat minimaliste. C’est pourquoi les enfants Turpin n’ont eu aucun suivi qui aurait pu alerter les autorités durant toutes ces années.

En savoir plus sur : http://www.20minutes.fr/monde/2204943-20180119-maison-horreur-californie-ecole-domicile-banc-accuses 

   Le homeschooling est reconnu dans les cinquante états du pays fédéral, mais plus de la moitié d’entre eux n’exerce aucun contrôle dessus, à l’image de la Californie, où « il n’y a aucun contrôle obligatoire », comme le soulignait Rachel Lazerus, de la Coalition pour une éducation à domicile responsable. L’Etat n’a d’ailleurs pas de loi fédérale sur l’éducation. En effet, le système éducatif dépend de chaque Etat et aucun programme scolaire national américain n’existe. Cette moitié des Etats laisse alors libre choix aux parents quant à l’éducation de leurs enfants, provoquant des drames tels que celui de la famille Turpin. A contrario de la France qui encadre strictement ce système scolaire et qui reste marginal, les Etats-Unis ne demande aucun diplôme aux parents enseignants. Ces derniers ne sont pas non plus contrôlés annuellement par les autorités.

 

   Avec le « homeschooling », le pays économise plus de 22 milliards de dollars par an, notamment grâce aux lobbies qui protègent le système éducatif, comme la Home School Legal Defense Association, dont le président Mike Smith reste fermement opposé à son encadrement. Reste alors aux Etats-Unis à faire évoluer sa législation en matière d’éducation face au drame Turpin qui rappelle la multiplication de précédentes affaires similaires à travers le monde.

Victoire DE MEULENAERE