Parcoursup : l’APB version 2.0 ?

Cette année, fini l’APB, place à « Parcoursup ». Au programme pour les bacheliers : des vœux moins nombreux, des dossiers obligatoires, mais surtout une sélection à l’université qui fait polémique.

La sélection à l’université. Voilà ce que propose (ou impose) entre autres, la nouvelle plateforme d’admission post bac dénommée « Parcoursup ». Sur chaque profil de lycéen candidat, un dossier est à présent obligatoire à remplir, et ce, quels que soient les vœux demandés. 

Auparavant, les dossiers étaient uniquement demandés par les filières sélectives telles que les CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles), les BTS et bien d’autres. Un changement qui impose une nouvelle forme de sélectivité dans les universités et qui met fin à l’entrée sur demande des bacheliers dans ces établissements. Une décision que le gouvernement défend en la présentant comme unique alternative au tirage au sort qui avait créé la polémique l’été dernier, alors que des milliers de bacheliers étaient encore sans affectation.

Du côté des étudiants, dans les universités de la métropole lilloise, cette modification fait jaser, et les avis divergent. Pour Thomas, en licence de Gestion à Lille 1, un peu de sélection ne peut pas faire de mal : « Si c’est pour réorienter les étudiants qui n’ont pas du tout les bagages nécessaires pour rentrer dans une certaines filières, pourquoi pas ? Mais le tout c’est de le faire de la manière la plus transparente possible, pour ne pas surprendre les candidats » explique-t-il. Pour Rebecca, étudiante en Master international management à l’université catholique de Lille, la sélection rime avec conditions de travail : « Si sélection il y a, ça doit permettre aux étudiants de travailler dans un meilleur cadre. Je pense surtout aux sureffectifs. Travailler dans des classes de 300 personnes dans certaines filières, ce n’est pas correct ! Que ce soit du côté des étudiants ou des professeurs. »

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Trop de demandes, mais pas assez d’offres. C’est ce qu’Alexander, étudiant en Master science du langage à Lille 3 dénonce avec lucidité : « Le vrai problème que le gouvernement ne mentionne pas, c’est qu’il y a trop de demandes de la part des bacheliers et pas assez de place dans les universités. Donc on demande aux universités de « bricoler » pour faire en sorte de contenir un effectif trop important. C’est malheureux ! » déplore-t-il.

Un constat bien réel qui s’explique d’abord par la démographie : les futurs bacheliers et jeunes étudiants de ces dernières années font en effet partie de la vague du « baby-boom de l’an 2000 ». Une hausse des naissances que les établissements du supérieur n’ont pas réussi à prévoir. Résultat ? Une sélection universitaire mise en place pour faire face au manque de moyens pour tous les accueillir.

Du côté de l’ULCO (Université Littoral Côte d’Opale), Sabine Duhamel, vice-présidente de la formation, souligne la difficulté de la mise en place d’une sélection objective pour l’équipe pédagogique : « Les professeurs de l’université demandent des pièces différentes selon les filières. Parfois la sélection sera plus pointilleuse, surtout dans les filières très demandées » explique-t-elle. « Je pense sincèrement que cette année sera aussi stressante pour les futures étudiants que pour nous. Après une première expérience, il sera plus facile d’adapter nos méthodes de sélection » avoue-t-elle.

Une chose est sûre, si l’année 2017 avait été éprouvante pour les bacheliers, 2018 risque une nouvelle fois de faire des mécontents, même avec Parcoursup.

Juliette P. et Julia G.