L’Amérique d’après Donald Trump

Élu 45e président des Etats-Unis le 8 novembre 2016, Donald Trump n’a pas manqué de faire couler beaucoup d’encre pendant les élections et depuis son investiture en janvier 2017. Une arrivée au pouvoir inattendue qui en plus de laisser une partie de l’Amérique sceptique, l’a aussi laissée dans la crainte d’un avenir incertain. Mais qu’en est-il aujourd’hui ?

A écouter le principal intéressé, la présidence Trump est un véritable succès. Régulièrement, le magnat de l’immobilier se félicite de la montée de Wall Street et du succès économique de son pays, avec une croissance en hausse de 3%, notamment grâce aux investissements encouragés par l’Etat. Ce self-made man en avait fait une de ses lignes de conduite durant sa campagne présidentielle, montrant à travers sa “pensée positive” qu’il saurait redresser l’économie du pays. Pourtant plusieurs ressortissants américains comme Jacob Hess, en Virginie ne sont pas encore Trump Friendly. “Cette année avec Donald Trump a été perturbante, je n’ai pas vraiment fait attention aux actualités mais quand c’est le cas, on a toujours l’impression que quelque chose de mauvais est arrivé”.

Sur le plan politique, les choses se corsent légèrement. Si plusieurs réformes ont été mises en place pour limiter les mandats d’élus au Congrès, augmenter la puissance de l’armée américaine ou encore proposer des congés maternité payés, le gouvernement Trump est vivement critiqué sur différents points.

  • Politique migratoire

L’un des sujets les plus controversés de la présidence de Donald Trump reste ses réformes quant à l’immigration et particulièrement son célèbre “Travel Ban” qui empêchait les ressortissants de certains pays musulmans de poser le pied sur le sol américain. Autre point sensible de sa politique migratoire : la construction du mur séparant le Mexique et les Etats-Unis. Si la première pierre du mur en question n’a pas encore été posée, il n’en reste pas moins que la symbolique de séparation qui l’accompagne est déjà bien ancrée dans l’opinion publique. On refuse d’ailleurs catégoriquement de payer pour un mur dont personne ne veut du côté mexicain. Plusieurs échantillons ou modèles de mur ont été présentés au président américain il y a maintenant deux semaines.

  • Relations internationales 

Lorsque l’on pense à Donald Trump, on ne peut passer à côté de l’image qu’il renvoie, surtout lorsqu’il s’agit de ses relations avec l’international. Son souhait de placer avant tout l’Amérique en premier cause parfois certains soucis au président. “Parfois, Donald Trump ferait mieux de laisser couler certaines choses plutôt que d’essayer de se placer en gendarme du monde”, confie Jacob Hess. Comment ne pas penser au à la fin de l’accord transpacifique, aux relations tendues entre USA et Russie, ou encore à la guerre que se livrent Donald Trump et Kim Jong Un depuis plusieurs mois, tels deux enfants qu’on aurait trop gâtés. Une bataille qui pourrait représenter un danger non pas seulement pour l’Amérique mais aussi pour ses alliés à cause d’une menace nucléaire permanente.

Cela dit, les relations entre les deux pays se sont dernièrement améliorées avec un pas en avant de la Corée du Nord et peut être une rencontre entre les deux hommes d’Etat, d’ici le mois de mai.

  • Polémique et relations avec les médias 

Depuis le début de sa campagne, Donald Trump entretient une relation aussi particulière que compliquée avec les médias. A l’exception de Fox News, la plupart des médias se moquent, voire dénigrent totalement le président américain. Médias et présidence se livrent une véritable guerre, pas toujours objective. Lorsque les médias reprennent les différents scandales de Trump (notamment sur des affaires d’agressions sexuelles), le principal intéressé déclare que les médias sont un fléau, ne faisant que diffuser de fausses informations, les fameuses “fake news”. En particulier la chaîne CNN.

Difficile donc de dresser un bilan après un an sous la gouvernance de Donald Trump. L’Amérique reste encore maintenant divisée entre ses partisans et ses opposants. Il jouit néanmoins d’un soutien incontestable de ses électeurs, peu importe ce qu’il dit ou fait, puisqu’il savait très bien pour qui ils votaient. Lui-même est totalement satisfait de son travail, ce que confirme Jacob Hess : “Je pense qu’il va tout faire pour avoir l’air d’être le meilleur président que les Etats-Unis n’ont jamais eu”.

Cela dit, on voit s’opérer dernièrement un changement dans l’opinion, en particulier par rapport à son intérêt pour les armes à feu qui a vivement été critiqué. Ses prises de positions parfois changeantes quant à ce sujet sensible lui font perdre en crédibilité, dans un pays où une fusillade a lieu tous les jours en moyenne. La marche anti-armes qui a eu lieu le samedi 24 mars dernier est là pour le prouver, suite à la tuerie de Parkland en Floride. De là à abroger le second amendement de la Constitution américaine, la route est encore très, très longue.

Nicolas Lefevre Asensio


Source : France24