Station Tiangong-1 : Houston, on a un problème

Après plusieurs mois d’attente, on sait enfin quand la station spatiale chinoise Tiangong-1 retombera sur la Terre. La station devrait arriver sur Terre entre le 29 mars et le 3 avril, la date du 1er avril étant privilégiée par le CNES (Centre national d’études spatiales) et l’ESA (Agence spatiale européenne).

Lancée sans équipage en septembre 2011, la première station spatiale chinoise montre des faiblesses après 1630 jours en orbite. Fin 2016, les autorités chinoises confirment avoir perdu la communication avec la station et affirment ne plus contrôler les moteurs de leur machine.

Pesant 8,5 tonnes pour une longueur de plus de dix mètres, l’engin se déplace rapidement vers la Terre, il se trouve aujourd’hui à environ 300 kilomètres de nous. Les conditions atmosphériques et l’impossibilité de prévoir la météo solaire (qui influence la trajectoire de l’appareil) ne permettent pas de définir l’endroit où la station tombera.

Un risque pour l’homme ?

Si la majeure partie de l’engin devrait se désintégrer en atteignant 70-80km d’altitude, des débris pourraient néanmoins tomber sur notre sol en moins de 10 minutes. En effet, certaines parties ne devraient pas totalement brûler à l’approche de la Terre, « la plupart des réservoirs de carburant sont construits en titanium, un matériau qui pourrait résister à la rentrée atmosphérique », confirme Benjamin Bastida Virgili, ingénieur en débris spatiaux à l’ESA.

Selon lui, ce genre d’événement n’a rien de rare ou d’exceptionnel, « il y a en moyenne un objet de la même taille qui chute vers la Terre chaque mois, qu’il s’agisse d’étages de fusées, de satellites, ou de véhicules de cargo vers la station spatiale internationale », affirme-t’il.

Le risque que la chute de la station Tiangong-1 représente un danger pour l’homme est là aussi infime, environ 1 chance sur 3200 en 2011 selon la NASA. Néanmoins le risque 0 n’existe presque pas, comme ce fut le cas en 1991 lors de la désorbitation de la station Salyout 7 disloquée au dessus d’une ville en Argentine sans gravité. Ou avec le cas de la station Skylab en 1979, dont les débris tomberont en Australie sans faire de blessés là non plus. Le ciel ne risque donc finalement pas de nous tomber sur la tête.

Pour les plus curieux, le site The Virtual Telescope propose depuis aujourd’hui de suivre en live l’arrivée de la station vers la Terre.

Nicolas Lefevre Asensio