Des scientifiques créent par hasard une enzyme « mangeuse de plastique »

Plus de huit millions de tonnes de plastique finissent chaque année leur vie au milieu de l’océan au point que l’on parle d’un septième continent. La préoccupation pour l’environnement est majeure. Mais la dernière découverte scientifique pourrait tout changer.

La pollution des océans : un problème majeur pour l'environnement et la santé.
Chaque année quelques huit millions de tonnes de plastiques finissent leur vie dans l’océan, créant un « septième continent » de plastique dans le Pacifique Nord, grand comme six fois la France.

C’est une grande découverte pour l’environnement et la santé. Lundi 16 avril, des scientifiques américains et britanniques ont révélé avoir conçu par hasard une enzyme capable d’ingérer le plastique rapidement. Cette recherche fait suite à la découverte d’une première bactérie qui avait naturellement évolué en « mangeuse de plastique » dans une décharge du Japon en 2016. Appelée « Ideonella sakaiensis », elle ne se nourrit uniquement que d’un type de plastique, le polytéréphtalate d’éthylène (PET) utilisé dans la composition de très nombreuses bouteilles en plastique. L’ojectif principal de l’équipe de recherche était d’analyser la structure d’une de ses enzymes, appelée PETase afin d’en comprendre son fonctionnement. Les chercheurs ne s’attendaient pas à l’améliorer en l’étudiant. Pourtant selon les conclusions de l’étude, ils ont conçu par accident une enzyme qui est encore plus efficace pour désagréger les plastiques PET.

Une solution pour l’environnement ?

Suite à l’ajout d’acides aminés dans la structure de l’enzyme, les scientifiques ont remarqué un changement inattendu dans son comportement : la bactérie décomposait plus rapidement le plastique. Pour le moment, l’enzyme mutante a besoin de quelques jours pour détruire le plastique PET, ce qui est déjà plus rapide que les centaines d’années que prend actuellement le plastique pour se détériorer à l’air libre. Mais les chercheurs sont optimistes et pensent que l’enzyme peut facilement être améliorée et devenir un processus viable à grande échelle.

« Ce que nous espérons faire est d’utiliser cette enzyme afin de transformer le plastique dans ses composants d’origine, de sorte que l’on puisse littéralement le recycler en plastique. Ce qui signifie que nous n’aurions plus besoin de chercher du pétrole et bien évidemment, cela devrait réduire la quantité de plastique dans l’environnement » espère le professeur McGeehan qui a mené les recherches. En effet, pour le moment les bouteilles en plastique qui sont recyclées ne peuvent être uniquement transformées en fibre que l’on utilise dans la conception de vêtements ou de tapis. Cette nouvelle enzyme pourrait ainsi être un moyen de recycler les bouteilles de plastique en… bouteilles en plastique et éviter ainsi le besoin de produire… du plastique, CQFD.

Marine Fouquez