L’amour décliné sous toutes ses formes au Louvre-Lens

On ne badine pas avec l’amour au musée du Louvre-Lens ! Du péché originel à la quête de liberté, l’exposition « Amour », présentée jusqu’au 27 janvier prochain, retrace l’évolution des perceptions de l’amour et des manières d’aimer, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours.

Articulée autour de sept chapitres, l’exposition ne compte pas moins de 250 œuvres, de la statuaire antique aux créations de Niki de Saint-Phalle, en passant par des objets précieux du Moyen Âge, des peintures de Memling, Fragonard, Delacroix, ou encore des sculptures de Rodin et de Claudel.

« On ne s’aimait pas dans l’Antiquité comme on s’aime aujourd’hui » Marie Lavandier, directrice du Louvre-Lens.

Séduction, adoration, passion, relation, plaisir, romantisme, ou encore liberté. Chacun de ces sept chapitres met en évidence un tournant majeur dans l’histoire de la relation amoureuse. Partant d’une stigmatisation du féminin à l’image de Pandore et d’Eve, chaque époque a réhabilité successivement la femme, l’amour, la relation, le plaisir, et  le sentiment jusqu’à inventer l’amour libre. Œuvres, citations littéraires, extraits de films, autant d’éléments qui devraient interpeller le spectateur sur son rapport à l’intimité.

Focus…

« Le verrou » : une oeuvre à l’interprétation controversée

 

« Le Verrou », Jean-Honoré Fragonard, 1777. Huile sur toile, Paris, Musée du Louvre. © RMN-GP (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle. Service presse/Musée du Louvre-Lens

Véritable symbole de l’esprit libertin du XVIIIe siècle, l’œuvre de Fragonard suscite de nombreuses interrogations, notamment celle du consentement de la femme représentée. Si la majeure partie des historiens de l’art s’accorde à dire qu’il ne s’agit nullement d’un viol, certains détails laissent planer le doute. Selon Zeev Gourarier, commissaire de l’exposition « Amour » au Louvre-Lens, l’attitude et l’expression de la femme ne sont pas « ceux d’une femme qui est absolument effrayée». Toutefois, « il y a bien des signes d’une petite lutte » nuance-t-il, avant de conclure qu’ « on ne peut pas répondre non, ce n’est pas un viol mais probablement pas ». Faute d’explications de la part du peintre, la signification de l’œuvre reste un mystère.

Autour de l’exposition

Pour les plus amoureux d’entre-nous, le musée propose toute une saison culturelle sur le thème de l’amour mêlant spectacles, conférences, événements festifs et participatifs. Autant de rendez-vous qui permettront d’explorer et d’interroger les différentes facettes de la vie amoureuse contemporaine, et, qui sait, peut-être trouver l’amour !

Justine BERGER