La mort annoncée des cabines à bronzer

Que ce soit pour garder son bronzage de vacances ou pour avoir bonne mine tout au long de l’année, nombreux sont les utilisateurs de cabine à UV. Dans la région, le soleil n’est pas toujours au rendez-vous et pour certains, la solution, c’est un centre de bronzage. 

L’ANSES tire la sonnette d’alarme

Ces centres sont dans le viseur de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES). En effet, depuis quelques années, des tests ont été effectués et ils sont sans appel. En 2015 en France, 400 cas de cancers de la peau (dont les séances d’UV en sont la cause) ont été recensés. Une dangerosité avérée qui mène l’ANSES dans un avis rendu mercredi 10 octobre 2018 à réclamer leur interdiction. 

Pourquoi les UV seraient-ils mauvais ?

Avec le recul, certaines études ont démontré que les cabines de bronzage, au-delà d’un vieillissement accéléré de la peau, augmenteraient les risques de développer un cancer cutané. Les dermatologues sont catégoriques, tout comme le tabac pour les cancers de la gorge/poumon, les cabines à UV développent des cancers de la peau qui peuvent être mortels. 

Émeline, étudiante en art du spectacle, nous explique son expérience. Après s’être informée des risques potentiels, elle c’est rendue dans un centre pour pouvoir garder bonne mine tout au long de l’année. Mais désormais, elle met fin à l’expérience suite à de légères brulures.

 « Quand je suis ressortie et que je voyais que j’étais rouge sur tout le visage, je me doutais bien que c’était pas sain pour la peau. Mais bon on se dit que une fois de temps en temps, ça peut pas faire de mal » 

Les marchands de soleil sont dans l’incompréhension

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Marc Lecamus responsable de l’institut Bora Bora @DelattreCaroline

Nous sommes donc allés à la rencontre de ces commerçants pour essayer de comprendre.

Au centre de bronzage Bora Bora à Hénin-Beaumont, Marc Lecamus responsable de la boutique nous explique. 

« Depuis 6 ans que je suis ici, jamais un client n’est ressorti brûlé.  Si d’autres centres ne font pas attention ce n’est pas mon cas, on prend pour les autres ». 

En effet, dans un institut de bronzage, les réglementations sont nombreuses. Les machines doivent être déclarées à la préfecture comme une voiture. Dans chaque cabine, des règles de sécurité et de prévention ainsi que la législation doivent être affichées. Les lampes doivent être changées régulièrement et les machines passent des tests pour vérifier leur fiabilité fréquemment. En plus d’une hygiène irréprochable, Marc se plie en 4 pour pouvoir respecter la loi ainsi que sa clientèle qui lui reste très fidèle. 

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Législation dans les cabines @DelattreCaroline

Toasté ou grillé ? 

Il trouve dommageable qu’à cause du laisser- aller de certains instituts, il soit potentiellement au chômage dans les années à venir. En effet les cabines à UV représentent 85% de son chiffre d’affaires. Il est formé sur les différents types de peau et explique ne pas accepter tout le monde. Il est précautionneux et ne comprend pas pourquoi son commerce est montré du doigt. 

« Les cabines, c’est comme des grille-pain, si on ne change pas les lumières, on peut griller la tartine. Mais si on fait attention, on ressortira tout juste toasté ! » 

D’après lui, ce ne sont pas les cabines qui sont à l’origine de cancers. Tout le monde s’expose au soleil, c’est la manière dont on s’expose et la fréquence qui jouent. Une surexposition est évidemment cancérigène.

«  Si vous allez 1 journée à la mer en pleine canicule, vous n’allez pas crier « ah mon cancer ! ». Alors 15 minutes d’UV c’est 1h de soleil , c’est rien en comparaison » 

Les UV positifs, ça existe aussi

Pour certaines maladies de peau, les UV peuvent au contraire être bénéfiques. Encore faut-il qu’ils soient contrôlés par un dermatologue avec des machines bien différentes. Pour des cas de psoriasis par exemple, ce que que les médecins appellent de la puvathérapie ( ou UV thérapeutiques) peut être prescrit, accompagné de médicaments. 

La réglementation des instituts de bronzage risque donc dans les années à venir de s’endurcir. Malgré les amendes et verbalisations qui peuvent être distribuées aux centres peu scrupuleux, aucun institut à ce jour n’a fermé pour des cas de brûlure ou cancer. À l’image de l’Australie, la France pourrait elle-aussi bel est bien dire adieu à ces centres de soleil artificiels ! 

Caroline DELATTRE