Le basket-fauteuil, un sacré challenge

Samedi 20 octobre, l’équipe lilloise de basket handisport a disputé un match contre les joueurs de Gennevilliers. L’occasion de découvrir ou redécouvrir ce sport collectif : le basket fauteuil.

Lille a joué à domicile le 20 octobre. A l’affiche : Lille-Gennevilliers. Pas de foot, ni de handball, ce soir-là, il est question d’un match de basket. A l’entrée de la salle Moulin, le parquet est bien ciré, les tribunes prêtes à accueillir supporters et amoureux du ballon orange. Mais un détail frappe le visiteur, la hauteur des paniers. C’est que les joueurs ne feront pas grincer les semelles de leurs sneakers sur le parquet mais des roues, celles de leur fauteuil.

Basket fauteuil, Lille-Gennevilliers

Lille a affronté Gennevilliers (53-68), le 20 octobre 2018.

L’arbitre apparaît, le sifflet à la bouche et le ballon dans une main. Le coup d’envoi est lancé. Le ballon tombe dans les mains de l’adversaire. Un mot se fait entendre: « Défense ! ». Prononcé à l’unisson depuis les gradins, le banc des remplaçants ou sur le terrain, il est l’élément déclencheur à la constitution d’une paroi de fauteuils. Le but: empêcher l’adversaire de s’approcher du panier et ainsi de marquer. Sans oublier qu’une des spécificités du basket fauteuil, outre l’autorisation de la reprise du dribble, est le droit au contact. Ce droit se transforme souvent en devoir. L’adversaire est contré. Les fauteuils se choquent et s’entrechoquent. Parfois les joueurs se percutent, parfois ils tombent, mais toujours ils se relèvent. C’est à ce moment-là que ce sport collectif se transforme en spectacle.

Un spectacle d’adresse pour lequel le basketteur doit maîtriser la trajectoire du ballon autant que le fauteuil. C’est ce que souligne Julien Pithon, joueur qui porte le chiffre 7 sur son maillot aux couleurs de Lille. Pour lui, « l’objectif, l’état d’esprit, la tactique… Tout cela équivaut au basket valide » mais le basketteur handisport doit prendre en compte « un paramètre en plus : le fauteuil« . Julien Pithon souligne également que le basket fauteuil est l’un des sports les plus répandus dans le milieu handisport, ce qui permet de jouer à des niveaux élevés. Parfait pour ceux qui ont l’esprit de compétition, voulant s’exercer dans un sport, facteur d’évasion.

L’évasion est garantie par les bleu et jaune (Lille) qui affrontent les dossards noirs (Gennevilliers). Cinq contre cinq, chaque joueur constitue une histoire différente. Accidentés de la route ou de la vie, les joueurs sont soit paraplégiques, soit amputés ou atteints d’un handicap physique entraînant une perte fonctionnelle. En fonction du handicap, le joueur se voit attribuer un chiffre de 1 à 5. Le nombre de points autorisés des joueurs sur le terrain est entre 14 et 16 selon les championnats, ce qui permet d’égaliser les chances de chaque équipe. Malgré cette égalité, Lille s’est inclinée face à Gennevilliers (53-68) au coup de sifflet final. L’équipe de Lille qui joue en national 1A pourra prendre sa revanche le 17 novembre, contre Toulouse. Toujours en fauteuil.

Océane Pirez