Ascoval : « On a l’impression d’être plus écoutés qu’avant »

Le jeudi 8 novembre, Emmanuel Macron et Bruno Le Maire ont affirmé faire tout leur possible concernant le projet de reprise d’Ascoval par Altifort. Des déclarations rassurant les salariés de l’aciérie menacée de fermeture.

« On fera tout pour qu’Ascoval soit sauvée »  ou « Nous allons y arriver », telle est la promesse du président Emmanuel Macron et son ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, vis-à-vis du projet de reprise de l’aciérie de Saint-Saulve (Nord).  Plus d’une semaine après le blocage d’un site de l’actionnaire de l’usine, Vallourec  (près de Maubeuge), les salariés ont repris le travail cette semaine dans un climat « serein » marqué par la visite de Bruno Le Maire.

45684847_1177951792353999_823930054865059840_n
Malgré la potentielle disparition de leur usine, les ouvriers se sentent « plus écoutés » par la gouvernement / Facebook.

« Depuis peu, on a l’impression d’être plus écoutés qu’avant et que le gouvernement s’intéresse beaucoup plus à notre situation », déclare Jérôme, oxycoupeur* de l’usine. « On voit que le blocage a servi à quelque chose ». Si le ministre est allé à la rencontre des syndicats, des élus et du président d’Ascoval, Cédric Orban, Emmanuel Macron s’est quant à lui exprimé le même jour dans une interview accordée à France 3. « On aurait préféré qu’il vienne s’exprimer sur place », regrette l’ouvrier.

Le problème Vallourec

Pour rappel, le groupe franco-belge Altifort disposant déjà des sites de Vallourec à Cosne-sur-Loire (Nièvre) et à Tarbes (Hautes-Pyrénées), s’est vu en octobre dernier refuser le projet de reprise de l’usine Ascoval, de la part de Vallourec car « contraire à la préservation des intérêts ». Basé dans la Somme, le groupe s’engage notamment à investir 140 millions d’euros, maintenir les 281 employés de l’aciérie et à créer 133 nouveaux emplois. Mais pour cela, il demande à l’actionnaire Vallourec, de maintenir le volume des commandes et des prix durant les dix-huit mois suivant la reprise. Ce refus a conduit fin octobre, à quelques jours de blocage des salariés dont l’usine est en redressement judiciaire depuis janvier dernier. « J’ai participé jour et nuit aux semaines de blocage. On a bloqué toutes les voies ferrées de Vallourec, pour qu’il n’y ait plus d’expédition de tuberie », confie le pensionnaire d’Ascoval depuis 15 ans.

Altifort « en veut »

Une Ascoval
Si le projet de reprise d’Altifort est de nouveau refusé, les salariés pourraient reconduire de nouvelles semaines de blocage / Facebook.

Peu après, la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg a annoncé mercredi que la  décision concernant le projet de reprise sera rendue le 12 décembre. De quoi laisser plus de temps à l’Etat et au groupe franco-belge de travailler sur une proposition alternative et également de trouver un accord avec le sidérurgiste Vallourec. « Le directeur d’Altifort est également venu nous parler dans la semaine. On sent qu’il en veut vraiment. Il nous a confié qu’il faisait tout son possible pour que le projet de reprise se fasse », explique Jérôme. Cependant, ce dernier et ses collègues n’ont pour l’instant « pas eu d’échos, de communiqués » des syndicats de l’usine, suite à la venue de Bruno Le Maire. Si la décision du 12 décembre s’avère négative, il « risque d’y avoir à nouveau un mouvement ». D’ici là, les salariés peuvent compter sur « l’élan de solidarité » venant d’élus du Valenciennois et surtout sur le soutien du président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand.

*Métier qui consiste à découper des métaux par oxydation.

Charlie Creteur