Quel avenir pour les Bains-douches de Fives ?

La mairie de Lille a annoncé début septembre 2018 la fermeture des derniers bains-douches de la métropole à Fives. Derrière l’argument économique, c’est une cinquantaine de personnes qui seront touchées par cette mesure.

Samedi 10 novembre, la France Insoumise (FI) organisait un rassemblement rue Dupuytren, devant les derniers bains-douches lillois à Fives, depuis la fermeture de ceux de Wazemmes. La cause ? L’annonce début septembre par la mairie de la fermeture de l’établissement, pour raisons économiques.

Un rassemblement en peignoir

Au départ timide, le rassemblement n’a pas tardé à prendre un peu plus d’ampleur. Ils étaient une quinzaine devant les bains-douches, tous vêtus de peignoirs et de charlottes en signe de protestation. A leur tête, Ugo Bernalicis, député FI dans le Nord, se démarque par son écharpe tricolore, revêtue par dessus son peignoir : « Je n’ai pas honte. Ce rassemblement est important pour toutes les personnes qui fréquentent quotidiennement l’établissement. Il est grand temps que Martine Aubry entende raison ». Si la mairie déplore l’état des lieux, trop coûteux et peu rentable, la fermeture de l’établissement mettrait en mauvaise posture la cinquantaine d’usagers quotidiens.

Symboliquement, les manifestants ont continué en allant tout simplement se laver dans les Bains-douches. La manifestation s’est poursuivi dans l’après-midi, devant la mairie de Lille. Les élus FI ont été reçus mais déplorent le manque de communication de la métropole. Lors de cet entretien, une représentante a maintenu que rien n’était encore décidé, alors que deux mois plus tôt, la fermeture avait bel et bien était annoncée.

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Les manifestants étaient tous habillés en peignoir et charlotte, en signe de protestation. (©Charlotte Huguerre)

Discrétion et dignité humaine

La FI n’était pas seule à manifester. A ses côtés, quelques militants Génération.s et plusieurs habitants sont aussi venus soutenir la cause. « La mairie ne se rend pas compte de l’utilité des bains ! » proteste une habitante. En effet, calme et discret, le bâtiment offre un anonymat certain à tous ses usagers. Construit en 1960, les bains-douches offrent des prestations sanitaires accessibles aux plus démunis : 1,30 € pour 30 mn de douche et 2 € pour 40 mn de bain. Si la fréquentation a baissé aujourd’hui, ils sont encore une cinquantaine à y venir. Parmi eux, des sans-abris, des roms, des migrants mais aussi des personnes à petits budgets n’ayant souvent pas de points d’eau chez elles ou ne pouvant pas payer les factures mensuelles d’eau.

Mais c’est aussi, avant tout, une question de dignité humaine. En plein milieu du rassemblement, un usager passe la tête par la porte, intrigué d’y voir autant de monde pour une fois. C’est en effet ce que les gens aiment dans cet endroit : la discrétion. Hésitant, il finit par entrer et accepte de discuter : « C’est bizarre de voir tout ce monde. Mais c’est bien qu’on nous défende. Chez moi, mon cumulus ne fonctionne plus depuis plusieurs semaines, je n’ai pas les moyens de le faire réparer… ici au moins, j’ai de l’eau chaude… ».

Des solutions ?

Face aux protestations depuis son annonce, la mairie propose des solutions de remplacements comme l’ouverture de douches de salles de sports avoisinantes. « Ces solutions ne sont pas adaptées » déplore Ugo Bernalicis. « Les horaires sont contraignants, ça n’est pas suffisant ».  En attendant, une pétition a été mise en place par APU Fives, l’Atelier Populaire d’Urbanisme. Affaire à suivre…

Charlotte Huguerre