L’art brut et la danse interrogent les visiteurs au LaM

Le mouvement est mis à l’honneur au musée d’art moderne de Villeneuve d’Ascq. Films sur l’hystérie, images, dessins et sculptures sont présentés. Avec sa nouvelle exposition, le LaM crée un lien entre l’expression corporelle et la danse. Les visiteurs ont jusqu’au 6 janvier 2019 pour la découvrir ou redécouvrir.

« Danser brut » : cette exposition temporaire présente la danse sous toutes ses formes à partir de l’art brut, contemporain et populaire. Mais qu’est-ce que l’art brut ? C’est un art autodidacte qui ne nécessite aucune formation artistique. Le musée retrace l’histoire de l’expression du corps à partir du début du 20ème siècle. De nombreuses activités sont organisées. Les animations et les conférences permettent ainsi au public d’observer les pensées révolutionnaires et radicales faisant évoluer la discipline de la danse. L’exposition se voulant accessible au grand public n’est pourtant pas toujours bien comprise par les visiteurs qui ne se laissent pas aller à la découverte.

« De Charcot à Charlot »

Une grande partie de l’exposition est dédiée aux travaux de Jean-Martin Charcot. Médecin des années 1800, il analysait les maladies nerveuses notamment l’hystérie. Ses études vont lui permettre de vulgariser ces maladies. A l’époque, elles sont considérées comme des possessions surnaturelles. Un lien est fait entre le monde de la psychiatrie et celui du spectacle. Des comédiens vont imiter certains gestes de patients hystériques mais vont aussi reproduire certains mouvements inconsciemment. Le plus connu, c’est le personnage de Charlot : Charlie Chaplin, acteur comédien burlesque au début du 20ème siècle. « Je ne savais pas qu’il y avait un lien aussi serré entre le monde du spectacle et le monde de la psychiatrie » s’exprime Véronique Denolf, conférencière et plasticienne au musée LaM.

Différents registres d’expressions

Plusieurs films très courts sont exposés dont Paracelsus réalisé en 1940 par Georges Wilhelm Pabst. Une femme entre en transe (elle perd tout contrôle de soi) et entraine une foule qui reproduit les mêmes mouvements. « C’est ce qu’on appelle l’inconscient. J’ai déjà vu des gens, à force de regarder ce film, qui finissaient par faire les mêmes gestes » souligne Véronique Denolf. Autres que les films, des sculptures en forme de manège sont exposées avec René Guisset, Jean Grard et Pierre Avezard. L’univers de la danse de possession, des gestes hystériques sont représentés à travers des constructions singulières, des archives hospitalières, une chorégraphie sous hypnose, une musique expérimentale ou encore des dessins réalisés en état de conscience modifiée. Objectif de cette exposition : renouveler la perception du visiteur.

Le manège aux oiseaux, 1995 – 2004 – Jean GRARD

La touche originalité de l’exposition

La visite s’achève avec une œuvre qui ne manque pas d’originalité. Située au fond d’un couloir derrière un large rideau, le visiteur entre dans une salle très sombre et participe à la création d’Anthony McCall en traversant un cylindre imaginaire. C’est un processus immersif construit par l’auteur lui-même. Difficile d’y être indifférent. « La perception est l’art de voir au travers des choses » nous disait Steve Lambert. Et si c’était une façon de décrire le projet d’Anthony McCall ? À vous de vous faire votre propre avis, l’exposition vous attend !

Leaving (with Two-Minute silence), 2009 – Anthony McCALL

Léonie JOUET

 

Informations pratiques pour l’exposition temporaire :
LAM, 1 aller du musée, 59650 Villeneuve d’Ascq
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
TARIFS (billet couplé avec les collections permanentes) :
Tarif plein : 10€ – Tarif réduit* : 7€ – Gratuit*
* voir bénéficiaires tarif réduit / gratuité sur le site internet du LaM