La Coupe Davis a fait ses adieux au Stade Pierre-Mauroy

Le week-end dernier à Villeneuve d’Ascq, ce sont 118 années de l’épreuve reine du tennis qui ont tourné leur page, au terme d’une finale qui a largement tourné en faveur de la Croatie face à des Français impuissants.

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Dès vendredi, la France était bien mal embarquée dans sa finale de Coupe Davis disputée à domicile.

La marche était trop haute pour l’Equipe de France de tennis. Au terme d’un parcours plutôt abordable (Pays-Bas, Italie puis une Espagne privée de Rafael Nadal), les Bleus se sont heurtés ce week-end au mur croate, bâti autour de l’intraitable 7ème joueur mondial, Marin Cilic. Il n’a fallu que 4 rencontres aux vainqueurs de l’édition 2005 pour remporter un deuxième Saladier d’argent. Et ainsi succéder à leurs adversaires du week-end au palmarès.

Il faut dire que la première journée avait donné le ton du dénouement final. En 2 heures et 19 minutes, le numéro 2 croate Borna Coric éteignait Jérémy Chardy 6-2, 7-5, 6-4 avant d’être imité quasiment jeux pour jeux par son compatriote Marin Cilic, facile vainqueur de Jo-Wilfried Tsonga (6-3, 7-5, 6-4). Un vendredi noir pour les français, dos au mur avant d’aborder le double du lendemain.

La paire française Nicolas Mahut- Pierre-Hugues Herbert, battue une seule fois dans la compétition (en 2016 par… le double croate), devait impérativement se défaire du duo Mate Pavic- Ivan Dodig pour entretenir l’espoir d’une folle remontée. Malgré un gros trou d’air dès le milieu du 3ème set, le double français finissait par l’emporter au terme d’une 4ème manche irrespirable (6-4, 6-4, 3-6, 7-6) offrant ainsi au Grand-Synthois d’origine, Lucas Pouille, l’occasion d’égaliser à 2 points partout dimanche.

Une ambition réduite à néant par le géant d’1m98, Marin Cilic, qui au terme d’un premier set très serré s’adjugeait le tie-break. Le moral touché, le Français finissait par s’incliner lors des 2 sets suivants 6 jeux à 3. Lors des trois matches en simple, la France n’a pas remporté une manche (une première dans une finale depuis 1966) ni converti une seule balle de break ! Tout un symbole de la domination croate. La Croatie pouvait alors soulever le trophée de la Coupe Davis, le dernier dans le tournoi sous son format originel. Un format qui permettait de si belles ambiances comme on en a connu en cette fin de semaine.

Une atmosphère festive… pour l’éternité ?

Les supporters français avaient eux bien répondu présents. Si l’affluence est allée crescendo durant les 3 jours (d’environ 19 500 spectateurs vendredi à presque 25 000 pour le simple de dimanche), l’ambiance est allée de pair avec le déroulement des matchs. Électrique lors du double disputé samedi, elle a souvent été gagnée par la frustration qui emportait le camp français sur le court à l’occasion des 3 autres rencontres, sans que les encouragements ne cessent pour autant. La We Are Tennis Fan Academy s’est ainsi distinguée pour ses chants de soutiens originaux, sur fond de reprises de « Bella Ciao » ou de la musique « Black Pearl » du film Pirates des Caraïbes. A cela s’ajoutaient le déploiement de tifos dans la tribune ou encore des groupes de supporters déguisés en Mousquetaires (en référence aux 4 anciens tennismen surnommés ainsi).

Une atmosphère joyeuse difficilement transposable dans les éditions à venir, qui se disputeront sur terrain neutre durant 7 jours en fin d’année.  Un charme entamé qui, après la défaite, a fait dire à Yannick Noah, le capitaine de l’Equipe de France, que « le tennis de compétition, c’est fini pour moi ». Pas de doute, on a bel et bien vécu une journée historique à Villeneuve d’Ascq…

Oscar LIPPERT