Après un au revoir de la France face à la Croatie, la Coupe dévisse…

Ca y est. C’est fini. Le scénario était parfait pour un adieu enflammé à un trophée que l’on a tant désiré, que l’on a tant honoré. La France a dit au revoir à la Coupe Davis en perdant contre un Croatie trop forte. Avec des moments marquants. Mais surtout des choix regrettables.

Non, la France ne partait pas favorite contre la Croatie. Marin Cilic termine encore la saison confortablement dans le top 7, pour la troisième année consécutive. Une valeur sûre mais prenable sur terre battue. Borna Coric, lui, est à bout de la saison la plus aboutie de sa jeune carrière. On appelle cela un joueur qui explose. La seule chose à reprocher au Croate de 22 ans, 12ème au classement ATP, était son manque d’expérience. De l’autre côté, pour la première fois depuis 12 ans (Gasquet, 24ème en 2006), le tennis tricolore n’a plus aucun représentant dans le top 20. Le Biterrois est toujours le premier français. Il pointe à la 26ème place mondiale.

Mais sérieusement, où était Gilles Simon ?

Expéditif. La première journée a été le théâtre d’une véritable boucherie où les Croates sont repartis avec les oreilles et la queue. Borna Coric était le premier torrero à venir à bout de Chardy, sans aucune difficulté. Cette métaphore est même plutôt favorable au français, qui passe ici pour un taureau. Dans un deuxième temps, Cilic n’a fait qu’une bouchée de Tsonga, le revenant. Après la paire française qui a tenu son rang pour ramener les bleus à 2/1, Marin Cilic termine en apothéose le dimanche en faisant faire l’essuie-glace à Pouille, le héros de l’an passé.

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Gilles Simon à l’entraînement en 2014 au tournoi du Queen’s – Wikicommons

Les choix sont forts de la part de Yannick Noah. Si Gaël Monfils est écarté pour une brouille, on n’y reviendra pas, Gasquet est lui blessé. Mais où est Gilles Simon ? Le français, hauteur d’une saison plutôt bonne, 30ème mondial, n’a pas été sélectionné. Et cette décision est passée inaperçue. Cette décision est pourtant totalement injuste et dénuée de sens. Le Niçois possède un ratio de 8 victoires contre une défaite contre les deux joueurs croates ! (2-0 contre Coric et 6-1 contre Cilic, dont une victoire cette année). Non, la motivation du Français n’est pas à remettre en cause, lui qui était si déçu déjà en septembre au micro de l’Equipe : « Pas grand-monde passe voir mes matches. Quand je suis en huitièmes à  »Wim » (ndlr : Wimbledon), ça n’intéresse pas grand-monde non plus. Maintenant c’est comme ça. Voilà. Pour l’instant, dans la saison, je n’ai pas été appelé, je me sens forcément en retrait. » Ajoutant avec le sourire que si on l’appelait, c’est évident qu’il viendrait.

Des choix français aberrants

Noah s’est justifié en expliquant des méthodes de travail différentes. Le capitaine de l’équipe de France a cloué au pilori les seules chances françaises de remporter la dernière Coupe Davis en écartant le Niçois et en convoquant pour le premier match Jérémy Chardy. Lui qui gagne la majeure partie de ses matchs contre de faibles joueurs. Sa saison 2018 est catastrophique sur terre battue, avec une défaite, par exemple, contre le 355ème joueur mondial à Aix-en-Provence. Même Lucas Pouille, auteur d’une saison très compliquée, aurait dû jouer vendredi face à Coric. Il lui avait pris un set quelques mois auparavant.

Pour le deuxième match de la journée, Noah aligne Tsonga, qui n’a joué que 11 matches en arrivant à cette finale. Blessé presque toute la saison, le Manceau est actuellement 259ème joueur mondial. Alors oui, ce classement ne reflète pas son niveau réel, mais elle explique le manque de compétition du bonhomme ! Deux choses sont compliquées lorsqu’un joueur manque de compétition. Le retour de service et les moments-clés. Et bien Tsonga a dû attendre plus d’un set et demi pour inscrire son deuxième point sur le service de l’immense Cilic. Dans la gestion des moments-clés, pire : il n’a converti aucune balle de break sur ses six tentatives. Il se fait breaker au pire des moments à 5 partout dans le deuxième set et offre la manche sur un jeu blanc une minute plus tard. Prévisible.

En 2016, l’Argentine remporte la Coupe Davis. Menée 2/1, l’Argentine renverse la vapeur mené par un Del Potro en feu

La France, les tennisman amateurs et professionnels, les simples passionnés de sport, les curieux disent adieu à la compétition qui a tant fait rêver. Adieu les ambiances de feu qui sont rares lorsque l’on parle de tennis. L’année prochaine, le nouveau format de la Coupe Davis sera de mise en Espagne, sur une seule semaine. Pour l’argent… La Coupe dévisse.

Armand Lavenne