Ascoval : pas encore « une bonne nouvelle » mais l’espoir est là…

Ce mercredi 12 décembre, le tribunal de grande instance de Strasbourg s’est penché sur le dossier de reprise du site Ascoval, par Altifort. Malgré des avis favorables, la chambre commerciale validera ou non ce projet, le 19 décembre.

Les salariés d’Ascoval devront retenir leur souffle une énième fois. La chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg rendra son verdict final dans moins d’une semaine. Une décision concernant le projet de reprise ou non de l’aciérie de Saint-Saulve, par le groupe franco-belge Altifort. De neuf heures à onze heures, ce même tribunal a tranché sur l’avenir des 281 employés.

Les salariés veulent y croire
Les blocages de fin octobre des salariés pourraient porter leurs fruits / Facebook.

A l’issue de l’audience, le patron d’Ascoval, s’est montré optimiste. « Tous les avis rendus sont favorables et le procureur a émis un avis très favorable », a-t-il expliqué dans La Voix du Nord. Du côté des ouvriers et syndicats, on préfère rester prudent. « Tant que l’on n’a pas la décision du tribunal, on ne peut pas dire que c’est une bonne nouvelle », déclare Jérôme, oxycoupeur* de l’usine.

Ne pas « se faire avoir »

Comme ses collègues, Jérôme ne souhaite pas « se faire avoir » comme en janvier dernier lors du projet de reprise d’Ascometal. Pour rappel, l’Etat a préféré suivre le groupe suisse Schmolz + Bickenbach pour reprendre le fabricant d’aciers spéciaux, en redressement judiciaire. Un plan prévoyant une réduction des effectifs tandis que les Anglos-Indiens de Liberty Steel, voulaient maintenir l’usine de Saint-Saulve en l’échange d’une aide de la région et de Vallourec. Au final, elle s’est retrouvée exclue du projet de reprise et Liberty Steel s’est tourné vers la fonderie d’aluminium de Rio Tinto à Dunkerque (Nord).

L’Etat en complément

Lundi dernier, une réunion entre les représentants de l’entreprise, les élus locaux et le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, donnait le ton à Bercy. Selon lui, le projet de reprise est « sur la bonne voie » grâce à son « plan de financement solide ». Comme l’a confirmé le président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, lors de cette réunion, « toutes les conditions sont réunies » quant à la validation de l’offre de reprise. Le cabinet d’experts indépendants Roland Berger missionné par le gouvernement, a également donné son avis. Il estime que « le financement est compatible avec les besoins de relance » et qu’il existe « des débouchés commerciaux ».  En plus des 35 millions d’euros d’Altifort, l’Etat « apportera » 25 millions en complément. « L’Etat est beaucoup plus concerné qu’au début. Ils ont constaté la fiabilité du projet », se réjouit Jérôme.

Une reprise à 152 millions d’euros

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Avec l’appui des collectivités territoriales et de l’Etat, Altifort compte bien garder tous les salariés et créer 133 nouveaux emplois / Charlie Creteur.

Au final, l’offre de reprise du directeur général d’Altifort, Bart Gruyaert est de 152 millions d’euros. Parmi cette somme, on compte les 25 millions d’euros de l’Etat, 12 millions de la région Hauts-de-France et 10 millions de Valenciennes Métropole. De son côté, le groupe franco-belge investit 35 millions d’euros. Il reste donc 40 millions de crédit-bail servant au financement d’un futur train à fil, et 30 millions d’affacturage. Dans l’attente de la décision du 19 décembre, les salariés espèrent également l’accord de Vallourec pour la cession gratuite de bâtiments sur le site d’Ascoval. Point soulevé durant l’audience de ce mercredi.

*Métier qui consiste à découper des métaux par oxydation.

Charlie Creteur