Des frais en hausse pour les étudiants étrangers : « c’était un des avantages de la France »

Le 19 novembre dernier, Edouard Philippe a annoncé une forte hausse des frais de scolarité pour les étudiants étrangers hors UE. Cette mesure, effective dès l’an prochain, n’a pas laissé ces derniers indifférents. A l’image de Senda Ben Mustapha, Tunisienne et étudiante à Paris 1.

« J’étais très surprise. On ne s’attendait pas à cette décision. Personne n’était au courant. Les frais de licence, dans mon cas, sont multipliés par 16 ! » Ces propos sont ceux de Senda Ben Mustapha. Originaire de Tunisie, cette étudiante en histoire et sciences politiques à Paris 1 s’est installée en France l’année dernière. La raison de sa venue dans l’Hexagone ? La dictature de Ben Ali. « Sous ce régime, apprendre les sciences sociales, ce n’est pas une très bonne idée », nous confie Senda.

« En Tunisie, étudier en France, ça se prépare depuis le plus jeune âge »

Dans la famille Ben Mustapha, tout le monde a réalisé ses études en France. Senda ne déroge pas à la règle. « En Tunisie, partir en France, cela se prépare dès notre plus jeune âge. Depuis toute petite, je savais que je voulais y aller« , déclare-t-elle. La jeune femme a donc effectué une partie de sa scolarité dans un établissement français en Tunisie. Ensuite, Paris 1 lui a ouvert ses portes. Senda a même pu bénéficier d’une bourse d’excellence. Un coup de pouce financier pour entamer sa nouvelle vie parisienne.

Incompréhension

Seulement voilà. Depuis l’annonce d’Edouard Philippe, l’étudiante ne comprend pas la raison d’une telle flambée des frais d’inscriptions pour les étrangers. « Le prix était un des avantages de la France, dit-elle. Je peux encore m’estimer heureuse car j’ai une bourse pour m’aider un peu mais j’ai des amis qui n’en ont pas. On a l’impression que la France nous ferme ses portes. »

Résultat de recherche d'images pour "hausse des frais universitaires"2700€ pour une année de licence et 3770€ pour une année de master ou de doctorat en 2019 pour un étudiant étranger hors UE. Crédits infographie : TV5 Monde

Pour Senda, l’argument du Premier Ministre, celui de rehausser les prix pour valoriser la qualité d’enseignement de la France, ne tient pas. « Réduire cela aux études, ce n’est pas possible. Cette mesure ne prend pas compte la réalité des choses », s’insurge-t-elle.

Mostefa Mostefaoui