Julian Snöden : une pierre à l’édifice musical

Bac S en poche, Julien, jeune Parisien, quitte la capitale pour intégrer l’école HEI (Hautes Études d’Ingénieurs) de Lille. Malgré un intérêt profond pour l’architecture, c’est la musique qui est à l’origine d’un quotidien radicalement différent. Cette année, il a sorti son premier album/EP et s’est lancé dans l’association BPM pour organiser des concerts dans la métropole.

Qui a dit que l’Université catholique de Lille ne regorgeait pas de nombreux talents ? Un ignorant peut-être, un inconscient sûrement.

Au beau milieu des trente mille étudiants élèves de la Catho se cache un apprenti producteur à la vingtaine. Cicatrice sur le menton, bonnet enfoncé sur le front, il est discret à ses heures, bête de scène quand il le faut. 

12376610_968306536572617_5035305618414539715_nDès son enfance, il est plongé dans le monde de la musique avec un père guitariste. Il préfère toutefois les percussions aux instruments à cordes et s’intéresse tout d’abord à la batterie. Ce n’est qu’à partir de 14 ans qu’il fait ses premiers pas dans la musique assistée par ordinateur (MAO). Julien devient alors Julian Snöden. Julian, afin de dépasser les frontières françaises et d’atteindre l’universel. Snöden avec ö, parce que, s’il ne compte pas devenir lanceur d’alerte, il souhaite, au moins, révéler ce qu’il a de plus enfoui en lui au travers de la mélodie.                                                            

Rewind : composer pour raconter son histoire

A force de « tâtonnements » et d’expériences sur les logiciels, le jeune étudiant sort aujourd’hui son premier album. Neuf compositions allant des sons les plus sombres et violents aux plus mélancoliques. Avec Rewind, Julian Snöden souhaite revenir et sublimer les épreuves qu’il a dû traverser durant l’année 2018. « Chaque morceau porte la date d’un de ces évènements » confie-t-il. « La pochette et la vidéo d’introduction, reprise à Kevin Frillet, ont mûrement été sélectionnées. Elles présentent parfaitement le cadre émotionnel dans lequel j’ai composé ».

Faudrait-il allier art visuel et art auditif ? Pour l’élève d’HEI, impossible de dissocier les deux. Son auditeur doit pouvoir visualiser son interprétation et développer une histoire à partir des illustrations. « Beaucoup d’artistes éveillent et orientent ma créativité. Je pourrais citer le grand Hans Zimmer, l’incontournable Stephan Bodzin (…) mais paradoxalement ce ne sont pas uniquement des musiciens qui m’aident à créer. Bien d’autres styles artistiques ont leur importance. » Qu’il s’agisse de maquette en architecture ou de composition musicale, « l’idée naît chaque fois d’un prototype, soumis à de longues phases de retouches, avant d’obtenir le produit fini. » Le perfectionniste pèse ses mots. Après quatre années de travail et de réflexion, Rewind est la première création qui voit réellement le jour. Avis aux amateurs de Melodic Techno.

L’association BPM à la recherche de multiples talents

Dès lors qu’il pénètre dans le grand bâtiment aux briques rouges, Julian Snöden redevient l’étudiant en école d’ingénierie. Il ne retire pourtant pas sa casquette de grand fan de musique. Avec douze élèves de sa promotion, il a réussi à allier passion et vie scolaire, en intégrant l’association BPM (Be Part of the Movement). Son rôle est de découvrir de nouveaux talents et de les inviter aux évènements techno, qu’ils organisent dans la commune lilloise. La réussite semble plutôt au rendez-vous. Après avoir participé au off du Name Festival d’hiver et fait venir le crew de la Mamie’s, l’association a récemment travaillé avec Charles Fenckler, un producteur français de Soma Records. « Comme tout bon digger, j’adore tomber sur des nouvelles pépites et les partager ». Des rencontres, des concerts et des découvertes musicales, autant d’atouts pour la possible sortie d’un deuxième album ?

Pour écouter l’album : 

Se rendre sur la plateforme Soundcloud ou Youtube et taper Julian Snöden

 

Juliette DICQUE