En Europe de l’Est, Noël fêté le 7 janvier est de nouveau une fête

Dans les pays de l’ancien bloc de l’Est, les 24 et 25 décembre ont donné lieu à des célébrations nombreuses et variées. Une pratique contraire à celle faisant foi dans les régimes communistes de l’époque…

noel communiste                                                                              source : Emlekpont

Le 30 novembre 1967, lorsque Enver Hoxha déclara la république populaire d’Albanie « premier état athée du monde », l’ensemble des institutions religieuses du pays fut fermé. Par conséquent, les fêtes religieuses furent aussitôt rayées du calendrier et remplacées par des fêtes laïques en l’honneur du Parti Communiste. Noël perdit ainsi tout son aspect religieux au sein du Pays des Aigles, dans une dynamique qui emporta toutes les soi-disant démocraties populaires d’Europe centrale et orientale.

Reprenant la dialectique marxiste selon laquelle la religion « constitue un moyen d’aliénation spirituelle des masses« , les libertés religieuses furent abolies dans les régimes communistes d’Europe de l’Est. Cet athéisme d’Etat eut pour effet dans ces pays l’élimination de la célébration de Noël et le transfert de ses aspects (arbre symbolique, distribution de cadeaux…) à la Saint-Sylvestre et au Nouvel An. Cependant, en Hongrie notamment, des messes de minuit continuèrent d’avoir lieu clandestinement. Une situation qui perdura jusqu’à la chute des pouvoirs communistes menant à la dissolution de l’Union Soviétique… le lendemain du Noël 1991.

Aujourd’hui, un caractère religieux qui persiste malgré tout

Bien que la plupart des pays d’Europe de l’Est, à majorité orthodoxe, profiteront du 6 au 7 janvier pour fêter Noël, les 24 et 25 décembre sont l’occasion pour d’autres de respecter des traditions ancestrales. En Pologne, Wigilia (qui correspond au Réveillon de Noël) implique la préparation de 12 plats sans viandes et sans alcool, un chiffre faisant référence aux douze apôtres de Jésus. Plus au sud, en Bulgarie, le repas est constitué de sept (comme les jours de la semaine), neuf (comme les neuf mois préalables à la naissance d’un enfant) ou douze (comme le nombre de mois d’une année) plats selon la signification que la famille souhaite lui donner. Chez son voisin roumain, les colinde chantés de villages en villages dès la veille de Noël sont censés glorifier la naissance de Jésus tout en éloignant les mauvais esprits. Enfin en Slovaquie, pour le Kračun (« Soirée étoilée »), on s’interdit de manger la viande avant la messe de minuit tandis qu’une assiette vide est installée à table… réservée au retour des âmes mortes !

Certaines traditions perdurent donc en Europe de l’Est, en dépit d’une pratique cultuelle en baisse dont les effets pourraient très bien être liés à l’époque de répression des régimes communistes.

Oscar Lippert