L’Université de Lille agit contre la précarité menstruelle

Pendant une semaine, du 14 au 19 janvier l’Université de Lille va distribuer 30 000 kits de protection hygiéniques aux étudiantes. Zoom sur une initiative solidaire envers les étudiants de la métropole lilloise.

Qui peut y avoir le droit ?

Toutes les étudiantes de l’Université de Lille peuvent en bénéficier, sur présentation de leur carte CMS (carte multi services). Pendant quatre jours, les jeunes femmes pourront venir retirer un des 30 000 kits mis à disposition. Elles pourront choisir entre tampons et/ou serviettes hygiéniques. Les distributions se feront entre 11h et 14h, dans les différents établissements.

A partir du 21 janvier, tous les kits qui n’auront pas été remis seront disponibles dans les centres de santé, épiceries solidaires et certaines associations étudiantes présentes sur les différents campus de l’université. La carte CMS est obligatoire pour récupérer un kit.

  • Campus Pont-de-Bois : centre de santé + épicerie solidaire La Campusserie + MDE
  • Campus Cité scientifique : centre de santé
  • Campus Moulins-Ronchin : centre de santé + infirmerie
  • Campus Santé : épicerie solidaire Episcea

Une action sociale

C’est dans le cadre de la lutte contre la précarité (ici menstruelle) que l’Université de Lille a décidé cette action. En effet, les protections hygiéniques sont des produits de première nécessité pour les étudiantes, mais leurs prix sont parfois trop élevés. Des dépenses santé que ne peuvent donc pas se permettre certaines étudiantes. L’Université de Lille explique :

Cette grande opération vise entre autres à compenser et réduire le coût sanitaire que représentent ces produits, pourtant indispensables à l’hygiène et à la santé. »

Pour financer le dispositif, l’université dispose d’un reliquat de budget de 56 000€. Cette opération de distribution est inédite en France. En Europe, seule l’Ecosse applique ce dispositif : les protections hygiéniques sont gratuites depuis un vote l’an dernier. C’est la professeur d’économie et ancienne porte-parole EELV, Sandrine Rousseau qui a proposé cette distribution après avoir été inspirée par l’adoption du libre-service des protections féminines en Ecosse.

Une distribution qui peut faire des jaloux

L’Université de Lille se distingue des autres universités, facultés et écoles de la métropole lilloise. Eva, étudiante à Lille 2 trouve cette initiative « formidable, c’est toujours un plus que de devoir dépenser entre 10 et 15€. » Elle ajoute que ce devrait être promu au niveau national, comme cela a été fait chez nos amis écossais.

Si les étudiantes de l’Université de Lille se réjouissent, d’autres étudiantes sont un peu déçues, comme c’est le cas de Mathilde, 20 ans étudiante en droit à l’Université Catholique. Pour elle, c’est une « super initiative, plus que louable mais qui devrait s’étendre dans les autres facultés« . Julie est du même avis, « ça coûte tellement cher que je suis ravie pour les filles qui en bénéficieront mais à quand notre tour ? ». En effet, les étudiantes non inscrites à l’Université de Lille se voient un peu lésées mais sont ravies qu’une action comme cela voit le jour.

L’Université de Lille est donc pionnière dans cette action, d’autres universités suivront-elles le pas ?

Clara LEFEVRE-MANOND