« Devil’s Relics » : Maître Gims joue les mangakas

Depuis le 31 octobre, le manga de Maître Gims et de son frère Darcy est disponible en France. Entouré de professionnels de la BD, les deux frères mettent en avant un univers encore mystérieux mais aux références fascinantes. 

Ce n’est plus un secret pour personne, Maître Gims est passionné de mangas. En solo ou avec Sexion d’assaut, on trouve notamment dans ses chansons quelques clins d’œil à des œuvres comme Naruto, One Piece et Dragon Ball Z. Des shōnens*  comme celui dont il rêvait avec son frère Darcy depuis environ quinze ans. Sorti fin octobre chez Glénat, Devil’s Relics en est le prolongement. La rédaction de Presse 360 a décidé de revenir sur ce pari risqué d’un artiste aussi adoré que décrié.

Le premier tome de cette œuvre inédite nous plonge dans un univers post-apocalyptique. « Sans nom et sans lumière », peut-on y lire. Pour sa survie et celle de ses proches, Kaïs, un jeune garçon,  participe à des combats clandestins. Avant de disparaître, le Diable aurait laissé derrière lui des reliques donnant à son bénéficiaire, un grand pouvoir. Un jour, Kaïs tente de dérober l’une d’entre elles, durant une vente aux enchères.

Inspiré comme jamais

Pour mener à bien ce projet, Gims et son frère ont travaillé le scénario avec Jean-David Morvan. Un auteur français de bandes dessinées, connu pour les scénarios de Nomad ou encore Sillage. Côté dessin, Yoshiyasu Tamura a été choisi pour donner vie aux personnages du chanteur français. Il a notamment été édité chez Shueisha (Dragon ball et One Piece). La collaboration entre ces quatre auteurs est plus que concluante. Tamura et Morvan transposent à la perfection cette idée de société corrompue où l’espoir laisse place à la violence. A l’instar de Ken le Survivant ou Les Chevaliers du Zodiaque, les inspirations se font ressentir sans pour autant prendre le pas sur la créativité. A savoir, des personnages au style rétro mais séduisant et des scènes d’action très soignées.

Trop de mystères ?

Malgré une intrigue bien ficelée flirtant entre le présent et passé de Kaïs, on reste sur notre faim. Le manga commence par le présent à savoir, le vol de la relique avant de nous projeter deux ans plus tôt. Pour autant, le doute persiste quant à l’histoire de Kaïs. Certes, l’idée d’un rebelle lutant contre une société où les pauvres engraissent les riches, est intéressante. Pour autant, on ne sait encore rien de lui. Pourquoi vole-t-il une relique ? Quel pouvoir renferme-elle ? Qu’est-il arrivé à ses parents ? Pourquoi ses amis Milena et Magnum ne sont pas à ses côtés lors du vol ? La chute assez brutale de ce premier tome, ne nous donne aucun élément quant à la suite des événements. Hormis cela, la narration reste riche en rebondissements tout en faisant passer quelques messages nous rappelant les migrants, les violences policières et l’inégalité des chances.

Note de la rédaction : 7/10

L’été dernier, Maître Gims et son équipe présentaient leur œuvre lors de la Japan Expo à Paris. L’intégralité de la conférence est à retrouvée sur la chaîne Youtube de la maison d’édition Glénat.

Charlie Creteur

* destiné à un public adolescent et masculin. Il insuffle des valeurs telles que le dépassement de soi, l’amitié, la justice et la bravoure.

Prix : 7€ environ.

Charlie Creteur