« Dry January » : Nouveau défi stupide ou vraie campagne sanitaire ?

   Début Janvier, un nouveau défi a fait son apparition sur les réseaux sociaux : le « Dry January » (ou Janvier sec). Il consiste à ne plus boire d’alcool pendant un mois. Certains le tentent dans un but sanitaire, d’autres sont plus sceptiques quant à l’initiative.

   Les Français en arrivent-ils à ne plus pouvoir se retenir de boire ? Tout droit venu d’Angleterre, le « janvier sec » impose à ceux qui le tentent de ne plus boire une seule goutte d’alcool, du 1er janvier au 1er février. Certains l’essayent pour entamer une vraie cure détox, d’autres juste pour relever un défi entre amis. Charlotte, étudiante de 22 ans tente le Dry January. D’abord pour rigoler, elle s’est très vite rendue compte de sa surconsommation d’alcool, influencée par « un facteur social énorme, avec la famille ou les amis ». Ce défi lui permet surtout de réfléchir à sa consommation. Elle assure « ne pas arrêter de boire pour autant, mais [va] faire plus attention, à ne plus boire pour boire ».

   Au contraire, Maxime, lui aussi étudiant, trouve ce genre de défi « absurde ». Pour lui, « Il existe déjà bien assez de personnes véritablement malades d’alcoolisme pour tourner en dérision la chose ». Il estime que de nombreux étudiants le font « juste pour montrer à leurs amis qu’ils peuvent se retenir de boire, pour faire les beaux. Dès le 2 février, ils seront les premiers à se jeter sur un verre d’alcool ». Maxime assure bien faire la distinction entre les « challengers » et les personnes ayant une démarche médicale et sanitaire. Cependant, il est convaincu que « la grande majorité des pratiquants le voient comme un défi à durée déterminée »

Pourquoi arrêter de boire de l’alcool ?

   Le challenge a déjà attiré de nombreux intéressés en 2018. D’après les résultats de l’année dernière, il semblerait que l’initiative présente des bénéfices à long terme, selon une étude de l’Université du Sussex. En France le docteur Richard de Visser a réalisé une étude sur 800 personnes ayant tenté le Dry January en 2018. Selon ses conclusions, 71 % des personnes interrogées ont affirmé mieux dormir, 58 % d’entres elles assurent avoir perdu du poids et 88 % auraient économisé de l’argent. Le médecin met pourtant en garde les jeunes qui prendraient à la légère ce défi. Il insiste sur le fait que l’initiative n’a « pas forcément avoir avec le mois de Janvier. Etre sobre pendant 31 jours nous prouve que nous n’avons pas besoin d’alcool pour s’amuser et se sociabiliser ».

   Il y aurait donc un décalage entre l’objectif du challenge pour les médecins et les pratiquants. Les médecins veulent mettre en place de telles initiatives pour sensibiliser les plus jeunes et aider médicalement à la non-dépendance. Ils se calquent sur le Mois Sans Tabac (en novembre), qui prouve un peu plus chaque année son efficacité. Le mois de janvier serait donc un « prétexte », une sorte de bonne résolution. L’alcool serait encore associé à 2,8 millions de morts par an dans le monde.

Victoire De Meulenaere

Mots Clés : Santé – Société – Challenge – Alcool