Le tennis fauteuil fait une percée dans notre région

10 % de la population française est touchée par un handicap. Mais cela n’empêche pas les non valides de pratiquer un sport. A la ligue des Haut de France, un stage de tennis fauteuil était organisé pour la première fois du 12 au 14 janvier.

Depuis les années 80, les sports en fauteuil se développent. C’est le cas pour le tennis qui compte près de 300 joueurs en France. Le tennis fauteuil est en pleine évolution depuis qu’il est passé sous l’aile de la Fédération Française de tennis (FFT) en 2017.

« Le tennis c’est assez simple car on peut jouer soit avec des personnes en fauteuil, soit avec des valides. Il suffit d’être deux pour jouer, cela est beaucoup plus simple qu’un sport collectif où il y a des contraintes d’effectif beaucoup plus important » explique Olivier Laubier, 45e joueur de tennis fauteuil et responsable du tennis fauteuil à Berck sur Mer.

Il essaie également de promouvoir le tennis fauteuil. Olivier Laubier explique que « c’est un travail de longue haleine » et recherche « l’exposition médiatique ».

En l’espace d’un an, le nombre de clubs se mobilisant pour le tennis fauteuil a doublé. Tout comme le nombre d’enseignants. De plus en plus de clubs sont concernés aujourd’hui afin de sensibiliser au tennis fauteuil.

Un sport en évolution

« En France, c’est un sport en pleine évolution » affirme Fabrice Chargelegue, capitaine de l’équipe de France masculine du tennis fauteuil. Il confirme que « les clubs se mobilisent un peu partout » depuis que la FFT s’occupe du tennis fauteuil. Auparavant, il y avait environ 150 joueurs dont 50 pratiquant régulièrement. Aujourd’hui, on compte près de 300 joueurs de tennis fauteuil, « ça se propage très vite » déclare l’entraîneur. Ce sport ne concernait même pas 40 clubs en France alors qu’actuellement cela a doublé. « Chaque jour, on découvre des nouveaux clubs en course » explique Fabrice Chargelegue, également superviseur du projet pour les Jeux-Olympiques de Tokyo en 2020.

Une coupe du monde de tennis fauteuil sera organisée en Israël en mai 2019. Le capitaine a pour objectif de la remporter mais avoue que cela « est loin d’être acquis. » Concernant les JO 2020, quatre garçons peuvent se qualifier s’ils sont dans les 40 mondiaux. Les qualifications durent de mai 2019 à juin 2020. Fabrice Chargelegue pense déjà aux JO 2024 « avec les jeunes ».

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Les valides peuvent jouer avec des non-valides même en tournoi. Les matchs se déroulent en 2 sets gagnants et le joueur en fauteuil a le droit à 2 rebonds. © Valentin Delepaul

Bien qu’en plein essor en France, l’Angleterre et les Pays-Bas restent les pays les plus développés en tennis fauteuil. Ils disposent de plus d’aides et d’un meilleur budget. Cela leur permet de former plus tôt des jeunes joueurs.

Nicolas Vanlerberghe, joueur de tennis fauteuil à Ronchin et également responsable para tennis au niveau de la ligue des Hauts-de-France explique « qu’il faut compter 7 ans pour former un joueur de tennis. »

Les actions pour le para tennis se développent. Aujourd’hui, on compte 8 tournois de tennis fauteuil dans les Hauts-de-France dont le tournoi international d’Amiens. Parmi les objectifs, il y a un souhait de « mettre en place des partenariats avec des entreprises privées. »

Concernant l’avenir, Nicolas explique qu’on « a la chance en France d’être un bon pays de tennis, notamment en tennis fauteuil. Mais à l’heure actuelle, on a pris du retard par rapport à la relève, nos juniors sont loin des meilleurs mondiaux. »

Dans les hauts de France, on compte une cinquantaines de joueur de tennis fauteuil. C’est la région qui en compte le plus.

Interview de Stéphane Houdet, vainqueur de plusieurs grands chelems en tennis fauteuil et ancien numéro 1 mondial :

Valentin Delepaul