« Santerre Cup » : le tournoi des copains est devenu un événement original

Cette année encore, ce sera l’occasion de célébrer le football et la solidarité le week-end du 29 et 30 juin. Dans le Santerre, près de Roye, dans la Somme, une petite équipe de copains issus du milieu agricole s’étaient donnés comme défi de monter un tournoi de football entre amis sur leurs terres. Cinq ans et trois éditions plus tard, la « Santerre Cup » a dépassé le cadre du cercle fermé.

L’herbe est tondue et arrosée par la naturelle pluie somalienne. Le soleil se lève, emportant avec lui les espoirs de victoire des équipes qui fouleront cette pelouse d’Estrées Mons. Nous sommes en juin 2014, et l’un des plateaux les plus fertiles de France est sur le point d’accueillir sans le savoir la première édition de la « Santerre Cup ». Non, Pierre-Antoine et Gonzague Gru ne savaient pas que le petit tournoi avec 3 terrains en palox qu’ils organisaient entre frères sur leurs terres et qui allaient réunir 150 participants se transformeraient quelques années plus tard en un grand événement réunissant près de 600 personnes.

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La première édition de la Santerre Cup – Mon équipe se hisse en finale – Crédits : Santerre Cup

Le concept n’a pas changé. Il faut constituer une équipe, lui donner une âme, une couleur, un nom marquant. Les terrains sont toujours en palox – ce sont ces grandes boîtes en bois transportant habituellement les pommes de terre récoltées, et accueillant pour l’occasion les ballons égarés. Ils se sont agrandis, permettant de passer d’un format 4 vs 4 à 5 vs 5. A l’extérieur des terrains, pour combler l’attente qui mène au prochain match, un grand bar sert à se restaurer ou à se désaltérer. Les plus motivés prendront de l’eau. Les moins tenaces se tourneront vers la bière pression, au risque de répression venant de leurs équipes. A côté, à l’instar des supporters du dimanche ou des footballeurs du même jour, le grand tableau du tournoi est posé au bar avec tous les scores. Le soir, une grosse soirée est organisée avec un artiste en guise de prolongation. Les derniers couchés discuteront de leurs défaites autour d’un dernier verre, affirmant que l’amusement est plus important que la victoire. Après tout, ce n’est pas un hasard s’ils sont encore debout…

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Troisième édition, dernière en date – mon équipe, tête basse, s’incline en ¼ de finale Crédits : Santerre Cup

Donatien Dupuy fait partie des créateurs de la « Santerre Cup ». C’est lui, entouré de l’équipe organisatrice, qui a disposé les palox sur ses terres de façon à créer les fameux « Stade Vélodrole », « Sans Sirop » ou encore le « Parc des pintes », pour la deuxième édition en 2015. « Le mot d’ordre aujourd’hui c’est la solidarité. Pour la troisième édition l’année passée, nous avons créé une structure en partant de cette idée, de cet évènement. La Santerre Cup est maintenant une association 1901 qui reverse l’intégralité de ses bénéfices à des œuvres caritatives. » Ainsi, cet événement rassemble maintenant non plus juste les amoureux du football, les obsédés de la victoire. Il rassemble des bienfaiteurs. « Nous avons reversé 6 000 euros à trois associations de la région. Le budget vient pour un tiers de la participation aux frais des joueurs et spectateurs (35 euros la dernière, 40 euros cette année) et pour deux tiers du sponsoring des entreprises. Nous ne faisons aucun bénéfice sur le coût de l’inscription. C’est vraiment le démarchage des entreprises qui nous permet de récolter des fonds. »

Armand Lavenne