Mort du maire de Tourcoing, « père » politique de Gérald Darmanin

Le maire de Tourcoing, successeur de Gérald Darmanin à l’entrée de ce dernier au gouvernement est mort en soin palliatifs ce 24 janvier. Il était connu pour sa fidélité gaulliste et sa connaissance intime de la ville et de ses habitants.

Gaulliste acharné, militant infatigable, pilier de la droite tourquennoise et maire d’une ville qu’il connaissait comme sa poche, Didier Droart était tout cela et plus encore. Il s’est éteint ce jeudi, des suites d’une rechute de son cancer du pancréas à l’âge de 71 ans. L’ensemble du monde politique, tant de droite que de gauche a salué un infatigable défenseur de sa ville, au travail jusque dans les ultimes instants de sa vie. Gérald Darmanin, son prédécesseur à la mairie fut sans doute le plus ému, qualifiant le défunt comme l’un de ses « pères » politiques.

Un gaulliste intransigeant

Avant cependant d’être un père politique, Didier Droart fut un jeune militant plus qu’enthousiaste, apercevant pour la première fois le général De Gaulle lors d’une visite de ce dernier à Tourcoing, en 1959. A partir de ce jour, le jeune Didier, 11 ans, va devenir un afficionado du tout nouveau président de la République. Une passion qui ne restera pas platonique, puisque, 3 ans plus tard, le jeune homme écumera les rues de Tourcoing, seul, pour décoller les affiches appelant à voter pour le « non » lors du référendum portant sur l’élection du président de la République au suffrage universel. L’opposition à De Gaulle était, dans son esprit d’adolescent, quelque chose d’inconcevable.

Ce gaullisme chevillé au corps éveillera en lui un autre démon, celui de la collection. Didier Droart se révèlera au fil de sa vie un infatigable collectionneur de tout ce qui se rapporte au général : photos, médailles, magazines, journaux, livres, y compris la célèbre Une irrévérencieuse d’Hara-Kiri à la mort du général. Au crépuscule de sa vie, il aura réuni le nombre conséquent de 2500 pièces, qui auront a plusieurs reprises été exposées au public.

Un homme politique de terrain

Non content de collectionner, ce pâtissier de profession sera bientôt pris par le virus de la politique. Révolté par Mai 68, il écrira au Comité de Défense de la République local, qui le dirige vers le maire de l’époque, le gaulliste René Lecocq, qui lui met le pied à l’étrier. Il faudra cependant attendre le retour de la droite à la tête de la ville en 1983 pour voir Didier Droart occuper un rôle de premier plan en tant qu’adjoint du maire centriste Stéphane Dermaux qui a mené une liste d’union de la droite à la victoire. Las, six ans plus tard, c’est le retour dans l’opposition après une triangulaire serrée contre la gauche et le Front National. Celui qui est alors conseiller municipal d’opposition va se consacrer alors infatigablement à la reconquête, arpentant la ville, toujours présent sur les marchés, lors des assemblées générales, les fêtes locales, toujours accessible et chaleureux, se faisant connaitre, et surtout, se faisant reconnaitre par les Tourquennois comme « un des leurs ».

Un an de combat contre la maladie

Une abnégation qui ne faiblit pas une fois revenu au pouvoir en 2014, comme premier adjoint du nouveau maire Gérald Darmanin, et qui fait de lui le choix logique pour succéder en 2017 à la mairie à celui qui devient alors ministre des comptes publics, à la faveur de la rémission d’un cancer du pancréas qui lui avait été diagnostiqué en début d’année. La maladie est cependant de retour en 2018, plus agressive, et le pronostic est pessimiste : on lui prédit à peine six mois de vie, il se battra pendant un an. Une année pendant laquelle il assumera ses fonctions sans faillir jusqu’au bout : il sera au lancer des couques à rogins, à la braderie Saint-Louis, aux boucles Tourquennoises. Son acharnement est alors admiré y compris par ses opposants, tout en prélevant un tribut de plus en plus lourd jusqu’au 2 Janvier et une hospitalisation en soin palliatifs. Sa disparition signe la fin d’une époque pour cette droite Tourquennoise marquée par le gaullisme et la figure tutélaire d’un Maurice Schumann, et laisse le néo-macroniste Darmanin, ministre mais tenté par un retour dans sa ville, seul maître du jeu.

Guillaume Mereb