L’œuvre du Bataclan de Banksy volée

Dans la nuit du 25 au 26 janvier dernier, trois hommes cagoulés se sont emparés de la porte du Bataclan, à l’aide d’engins de chantier, sur laquelle le célèbre graffeur britannique Banksy avait peint une œuvre hommage aux victimes du 13 novembre.

Les caméras de surveillance ont pu enregistrer ce vol digne du cinéma au vu des moyens déployés. L’association vandalisme-street-art a changé de définition. Emma Prévost, présidente de l’association Urban Color Show, a pour objectif de populariser le street-art et le déployer le plus possible dans la région lilloise. Elle avance non sans amusement que « pour une fois, ce n’est pas le fait de graffer qui est mal vu, mais le fait de voler l’œuvre justement. C’est un peu paradoxal. » Banksy est l’un des plus grands artistes de street-art – si ce n’est le plus grand – et ses œuvres sont mondialement connues : « je ne connais pas de plus grand artiste que lui, évoque Emma. Son pochoir sur la porte du Bataclan représentait beaucoup de choses, notamment le devoir de mémoire. »

La toile de Banksy qui s’autodétruit

Un vol inutile ?

Les œuvres de Banksy se vendent à prix d’or. Sa cote a atteint des sommets, surtout depuis qu’il avait fait disparaître une œuvre tout juste achetée lors d’une vente aux enchères le 5 octobre 2018. Mais le marché de l’art différencie les œuvres destinées à la vente et celles destinées à la rue. Ces dernières sont tout simplement invendable. « C’est curieux de voler une telle œuvre. Elle sera invendable, aucun acheteur n’en voudra ». La porte du Bataclan ne pourra jamais être affichée par un collectionneur. Attendons de voir maintenant si Banksy n’est pas une nouvelle fois derrière ça. Comme il avait déclaré en reprenant une phrase de Bakounine sur Instagram après son coup de la vente aux enchères : « le besoin de détruire est aussi un besoin créatif. »

Armand Lavenne