Samedi à Lille, les femmes « ne lâcheront rien »

Les pavés se pareront de violet, la couleur du féminisme, à Lille. La Journée Internationale des Droits des Femmes donne l’occasion à celles et ceux qui le souhaitent de se réunir sur les marches de l’Opéra de Lille . Le samedi 9 mars à 14h, le cortège s’arrêtera à la salle du Gymnase, place Sébastopol, pour célébrer « une après-midi militante » de 16h à 18h30.

Affiche officielle de la marche du 9 mars 2019

Le Collectif du 8 Mars invite les femmes à « ne rien lâcher ». A l’origine de la marche lilloise, il rappelle que « ce n’est ni un jour de « fête », ni une mythique journée de « la » femme, mais une date « historique » qui certes permet de commémorer les luttes passées, mais aussi de nous mobiliser sur les combats en cours et à venir et ce, sous toutes les latitudes ».

Une journée et une semaine de lutte

Pour ce faire, au programme de l’après-midi : rencontre avec des associations, atelier de stéréogravure, exposition sur la loi Neuwirth, le texte de 1967 autorisant l’usage de contraceptifs, et plusieurs tables rondes. Elles auront pour sujet des thèmes divers : Femmes et Europe ; lutte des classes, lutte des sexes ; santé sexuelle pour les femmes ; l’orgasme ; le féminisme à l’ère numérique et la non-mixité. Pour conclure la journée, des femmes feront entendre leur voix, cette fois, en musique. Paniencki, les Cousines Machines et la chorale Clitorale animeront la soirée de manière mélodique. La thématique des droits des femmes est large, d’où les multiples actions de sensibilisation et de débat qui auront lieu cette semaine.

Car à Lille, il n’y aura pas qu’une seule journée de lutte pour les droits des femmes. C’est la semaine entière qui est consacrée aux femmes. Elle a commencé au cinéma l’Univers le 2 mars dernier avec la projection gratuite du film Les femmes du bus 678 de Mohammed Diab. Ce dernier narre les humiliations et les agressions vécues par des femmes dans les transports en commun, au Caire. La semaine de lutte se poursuit jusqu’au 20 mars. L’ONG Femmes solidaires de Lille a prévu une projection gratuite du film Les Suffragettes de Sarah Gavron, revenant sur l’histoire des militantes britanniques pour le droit de vote des femmes, au cinéma l’Univers.

L’intersectionnalité, thème central de la semaine

L’association féministe Une Chambre à nous ne participera pas à la marche du samedi. Mais elle a aussi choisi d’ouvrir la semaine avec la projection d’un film, Les Invisibles, de Louis-Julien Petit. Le film revient sur l’invisibilisation des femmes vivant dans la rue, et leur réinsertion dans la société. Delphine Cibot Savignac, membre de l’association, justifie ce choix :

« Beaucoup des questions traitées d’ordinaire tournent autour des mêmes problématiques mais sans parler de groupes marginalisés qui sont mis en valeur lors de cette semaine, je pense notamment aux questions des femmes SDF mais également aux questions propres au handicap; et aux femmes racisées. On a cette année essayé de combler un peu ce manque par le traitement de ces problématiques, ajoutées à d’autres plus traditionnelles, comme l’histoire du féminisme ou le harcèlement de rue. Un événement par soir permet une vraie distance et ouverture de voix. »

Les associations féministes, comme Une Chambre à nous, profitent de la journée pour faire connaître des sujets inconnus du grand public. Et au coeur de ces sujets, c’est l’intersectionnalité qui est abordée. « Parfois on est femme, noire et handicapée. A ce moment-là, on se retrouve au cœur de différentes oppressions, qui toucheront différemment. Le sexisme vécu par une femme blanche et celui vécu par une femme noire, arabe ou asiatique est différent. L’intersectionnalité permet de décentrer le discours et de s’intéresser aux groupes marginalisés, d’après Delphine. »

Tous les groupes victimes d’oppressions sont invités aux différents événements. Depuis 1910, la journée internationale des droits des femmes tient à rendre visibles les initiatives locales et les discriminations. Le 8 mars, les femmes n’arrêteront pas de clamer haut et fort, sur la place publique, leurs revendications.

Allison Blomme