Un salon de beauté solidaire pour les femmes en difficulté

           Situé en plein coeur de Lille, le salon de beauté solidaire PinkUp accueille des femmes dans le besoin. Licenciées, divorcées, d’origines différentes, ce salon leur redonne confiance en elle et leur permet parfois une réinsertion professionnelle. Fanny Decalf, l’une des coiffeuses du salon revient sur le concept. 

Ouvert il y a un an, cet endroit propose aux femmes un conseil en image, en esthétique et en coiffure. « En coiffure, on peut proposer toute sorte de choses, affirme-t-elle. Cela va de la couleur, au balayage, en passant par la coupe et le brushing, exactement comme dans un salon de coiffure traditionnel ». Dédié exclusivement aux femmes possédant pour la plupart un faible revenu (RSA ou AH) et obligatoirement inscrites chez Pole Emploi, c’est un moyen pour la coiffeuse de redonner un peu plus de sens à son travail. « J’étais directrice artistique pour une grande marque. J’ai tout quitté pour reprendre des études de coiffure et me retrouver ici aujourd’hui. » Cheveux bruns mi-long, cachée derrière ses lunettes, c’est avec tendresse et douceur qu’elle revient sur son objectif. Celui de proposer quelque chose qui est réellement adapté à chacun des visages et à chaque type de cheveux.

Tout cela dans des prix défiant toute concurrence. Ils varient de 9 à 20 euros pour une coupe, couleur, balayage et brushing. C’est ce qui a notamment attiré Dalida Kenaza à adhérer à ce salon de beauté. Quand on lui demande les raisons de sa motivation, c’est les yeux brillants qu’elle insiste sur la solidarité présente au sein de ce salon. « L’endroit est chaleureux, on a le petit café. On peut prendre un temps à partie avec une coiffeuse, lui parler ». Dalida vient avec une idée en tête, celle  de changer de tête pour se sentir mieux. Regarder les gens la tête haute et dans les yeux sans être gênée, c’est ce qu’elle souhaite en sortant. « Cet endroit me relève, le fait de me coiffer, de m’assumer, de prendre un temps pour moi, rien que pour moi, me fait du bien ».

Ce qui rend le plus fière Fanny Decalf, c’est le résultat obtenu. « Ce que j’aime le plus c’est de rencontrer une femme qui vient ici pour la première fois, qui arrive hésitante. Elle arrive, elle se sent bien. Ses cheveux en général c’est la catastrophe, dit-elle en riant. Je lui fais une belle coupe. Et en général, elle pleure. Parce qu’elle se trouve belle. Et elle est belle. »

Angèle Delmotte