Ascoval : l’aciérie sera-t-elle sauvée ?

A quelques jours de la fin du sursis décrété par la CCI, les salariés d’Ascoval, restent dans le flou quant à l’avenir de leur usine. Moins d’un mois après le retrait d’Altifort, trois à quatre repreneurs seraient intéressés pour sauver l’aciérie de Saint-Saulve.

27 mars, c’est la date à laquelle prend fin le sursis de l’aciérie de Saint-Saulve, Ascoval. Le 21 février dernier, Altifort provoquait un ascenseur émotionnel auprès des salariés, du gouvernement et des élus locaux. « C’est un coup de massue. On le pensait (Altifort) honnête mais il nous la fait à l’envers », explique Jérôme, oxycoupeur* de l’usine. Sauveur devenu bourreau, le repreneur franco-belge admettait que « les financements externes » n’ont pas été mis en place. En d’autres mots, le repreneur Altifort a décidé de se retirer alors que la chambre de commerce avait validé le projet de reprise, en décembre dernier. De ce fait, un « projet de résolution » a été examiné fin février 2019. Pour rappel, le plan de reprise de l’entreprise estimé à 152 millions d’euros comprenait 10 millions d’euros de fonds propres et 25 millions de fonds obligataires.


Parmi cette somme, on compte les 25 millions d’euros de l’Etat, 12 millions de la région Hauts-de-France et 10 millions de Valenciennes Métropole / Charlie Creteur.

Trois à quatre repreneurs ?

Pour un dernier espoir, la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg a validé cette requête de résolution. « Les avis sont tranchés sur cette décision », affirme l’ouvrier. « Certains sont contents mais d’autres souhaitent la fermeture de l’usine car ils en ont marre ». Il reste donc moins de deux semaines à Cédric Orban, PDG d’Ascoval, pour trouver un nouveau repreneur. Cela passera par une remise en route du four de l’aciérie entamée mardi dernier ou encore des visites de la part d’éventuels investisseurs. Selon nos informations, une réunion s’est déroulée lundi dans l’usine de Saint-Saulve, concernant l’intérêt de trois ou quatre potentiels repreneurs. « S’il y a un investisseur, il pourrait avoir un vote des ouvriers en faveur d’une reprise ou non », confie l’oxycoupeur. En cas d’issue négative le 27 mars, les 281 employés d’Ascoval devront certainement se confronter à la fermeture définitive de l’usine, malgré la possibilité de faire des heures de formation.

La mobilisation des élus et du gouvernement

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Très impliqué quant au sort de l’aciérie, le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, s’est exprimé sur Twitter à la veille de la décision du tribunal. « Nous continuerons à nous battre afin de trouver un repreneur […] Nous n’abandonnerons pas tant que les salariés d’Ascoval y croient encore ». De son côté, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, affirme qu’il mettra « toute l’énergie qu’il faudra pour trouver un repreneur et offrir une solution par le haut au site d’Ascoval ». Ce dernier avait fustigé l’attitude du groupe franco-belge, le jour de la nouvelle. « Altifort a trompé les salariés, les élus et l’Etat en prétendant avoir des disponibilités financières qu’il n’avait pas », a-t-il déclaré. Pour rappel, il avait également jugé solide le plan de reprise d’Altifort avant sa validation…

*Métier qui consiste à découper des métaux par oxydation.

Charlie Creteur