Immersion chez les Stylos Rouges de Lille

Apparus au mois de janvier, les Stylos Rouges de Lille n’ont pas disparu de la circulation. A l’échelle locale, ils continuent de se mobiliser de différentes manières malgré le vote de la loi « Ecole de la confiance » en février dernier. 

Mettre 20/20 sur toutes les copies. Telle était l’action forte d’un mouvement du corps enseignant au début de l’année 2019. Son nom : les Stylos Rouges, en parallèle des Gilets Jaunes encore fédérateurs. Cette décision symbolique cache une série de revendications : une augmentation des effectifs, la baisse des élèves dans les classes, une hausse des salaires et plus de moyens matériels pour mieux exercer.

Une mobilisation locale soudée 

C’est à Lille où la mobilisation a été la plus forte. A plusieurs reprises, plusieurs professionnels de l’enseignement s’étaient rassemblés devant le Rectorat de Lille. Lynda, professeure des écoles nous expliquait sa situation : « Après 15 ans de carrière, je suis payé à peine 2000€ par mois et je suis taxée à 100% donc finalement, il ne reste pas grand-chose. J’ai des fins de mois difficiles. De plus, avec le manque de moyens, nous sommes régulièrement obligés de débourser de notre propre portefeuille pour travailler correctement. »

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Quelques mots postés sur le mur du rectorat de Lille met en cause la situation des AVS.       Crédits photo : Mostefa Mostefaoui

Le mouvement des Stylos Rouges ne se limite pas aux enseignants. Les autres métiers du secteur sont intégrés pour dénoncer la fébrilité de leur statut. « Nous sommes la profession la plus touchée par la précarité. Le salaire moyen est de 730€ par mois, déclare Kevin, même pas la trentaine et AVS dans un établissement lensois. Comment vivre avec cette somme ? On n’y arrive clairement pas. Pour y remédier, on doit enchainer les petits boulots. L’inclusion scolaire en France existe depuis 14 ans et il n’y a toujours pas de statut clair pour le définir. Je ne pense pas que cela changera avec ce gouvernement. »

Un professeur de Loos en tête du mouvement à Lille

Guillaume est un jeune professeur de mathématiques à Loos. Il coordonne le mouvement, version Hauts-de-France depuis sa création en janvier. Lorsqu’on le questionne sur la politique de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education, voici ce qu’il nous répond : « il essaye d’arrêter un mouvement qui a le vent en poupe. Il veut calmer le mouvement d’en haut sans prendre des décisions concrètes. C’est à l’image de la verticalité de l’enseignement national. »

Malgré le vote de la loi « Ecole de la confiance » à l’Assemblée Nationale, les Stylos Rouges de Lille ont poursuivi leur action tout le long du mois de février. Des réunions ont été organisées à la Bourse du Travail à Lille-Fives. Prochaine date : le 17 mars prochain. Les Stylos Rouges seront au parc Jean-Baptiste Lebas à Lille pour expliquer aux parents les conséquences des nouvelles mesures de Jean-Michel Blanquer.

Mostefa Mostefaoui