Peugeot va se lancer dans la ruée vers l’or

25 ans après s’être retiré du marché américain, le constructeur français Peugeot a annoncé le mois dernier vouloir se réimplanter dans le pays de l’oncle Sam. Une décision qui suit la logique d’internationalisation de la marque.

« PSA ne sera pas un groupe mondial sans une présence aux Etats-Unis ». Carlos Tavares, le PDG du groupe PSA est clair : il veut faire passer un cap à son entreprise, mais aussi à l’automobile française. En effet les constructeurs automobiles français sont les seuls absents du marché américain, qui est pourtant le deuxième mondial. Un manque à gagner énorme que Peugeot à décider de combler. Mais ce n’est pas la première fois que PSA va tenter une implantation outre Atlantique. En effet, dans les années 1970, les modèles 405 et 505 étaient assez populaires. Mais les ventes ont rapidement décliné à cause d’un manque de fiabilité comme l’explique Howie Seligman, président d’un club de voitures anciennes à New York “Les normes étaient différentes à l’époque entre les États-Unis et l’Union Européenne, et pour réduire les émissions de CO2, ils modifiaient le taux de compression du moteur, ce qui change les caractéristiques et rend la voiture fragile“. Des normes et un climat différent qui vont forcer le constructeur à modifier les moteurs des véhicules. Un rêve américain qui coûtera très cher à Peugeot et les obligera à quitter le pays à l’orée de la décennie 90. C’est fort de cette première tentative que le fabriquant a décidé de se relancer à l’assaut des Etats-Unis, avec un plan bien réfléchi.

Le plan de Peugeot

Le groupe de Sochaux ne se met pas de pression et se laisse jusqu’en 2026 pour repartir à la conquête des Etats Unis. Une envie de bien faire pour ne pas commettre les mêmes erreurs qu’au siècle dernier en apportant sa touche d’innovation « Nous faisons cela d’une manière très créative et disruptive, avec une dose significative de frugalité, nous ne le faisons pas de manière conventionnelle », explique Carlos Tavares. On sait également que plusieurs modèles Peugeot ont été homologués selon les normes américaines, « le résultat de plusieurs années d’études et de recherche visant à savoir quelle marque du groupe PSA répondrait le mieux aux besoins des clients de ce marché. », explique Larry Dominique, PDG de PSA Amérique du Nord.

Si Peugeot semble plutôt prêt, ce n’est pas forcément le cas des Américains, plutôt conservateurs et réticents à l’arrivée d’un nouveau constructeur. Pour Ian, étudiant américain, Peugeot subira un nouveau revers « à moins qu’ils apportent une vraie innovation, Peugeot ne pourra pas s’imposer, le marché est déjà saturé par Ford ou encore GMC. Les Américains ne veulent pas de petites voitures européennes. »

Un pari donc très risqué pour Peugeot, qui devrait nous dévoiler un peu plus de détails sur ses intentions dans les mois à venir.

Cyrille Motte