En Ligue 1, le sprint final est lancé

Si l’identité du futur champion de France ne fait aucun doute avec un Paris Saint-Germain qui caracole en tête du classement de Ligue 1, le suspense règne à tous les (autres) étages. Tour d’horizon des grands enjeux à 9 journées de la fin. 

La victoire (3-1) de Paris lors du Classique face à Marseille dimanche dernier a confirmé l’immense écart entre les Parisiens et le reste du championnat. Avec 77 points en 28 matchs disputés, le PSG affiche un record à ce stade de la compétition. Ce cavalier seul en tête a sans doute coûté cher au club de la capitale à l’échelle européenne (NDLR : éliminé par Manchester United en huitièmes de finale de la Ligue des Champions), où l’adversité est toute autre. Mais il a pour effet de ne laisser que des miettes à ses poursuivants, donc un resserrement au classement qui se traduit par la multiplicité des enjeux à deux mois du terme du championnat. Qualification pour la Ligue des Champions, pour la Ligue Europa et maintien en Ligue 1 sont des objectifs poursuivis par bon nombre de concurrents. Sans mettre de côté la course aux places d’honneur, état des lieux à l’aube d’une fin de saison passionnante

La course au podium

Dauphin du PSG depuis 4 mois, le LOSC ne peut plus raisonnablement atteindre son unique devancier au classement, qui compte 20 points d’avance. Les Lillois n’en avaient de toute façon ni l’ambition, ni l’envie. Au sortir d’un exercice 2017-2018 cataclysmique achevé à la 17ème place, les hommes de Christophe Galtier entament cette fin de saison avec l’objectif inattendu de se maintenir sur le podium. Porté par un Nicolas Pepe (photo) au sommet de son art (17 buts, 8 passes décisives), Lille est parvenu à dépasser l’étiquette de surprise du début de saison pour se classer parmi les prétendants légitimes à un ticket direct pour la Ligue des Champions.

Son principal concurrent est l’Olympique Lyonnais, revenu à seulement 4 points le week-end dernier. Eliminés de la Ligue des Champions la semaine passée, les Gones disposent désormais d’un calendrier allégé pour atteindre leur objectif avoué, la 2ème place, celle qui qualifie directement pour la phase de groupe de la prochaine Ligue des Champions. Emmené par son attaque de feu (10 buts lors des 3 derniers matchs de Ligue 1), Lyon a pour atout majeur son savoir-faire dans les fins de saison réussies. Le président lyonnais Jean-Michel Aulas a d’ores et déjà lancé le duel à distance avec le LOSC : « Il faudra que l’ont ait moins de 3 points de retard lorsque nous recevrons Lille« . Une rencontre début mai, dans le cadre de la 35ème journée, déjà attendue comme un tournant.

Elle précédera un déplacement des Lyonnais à Marseille, qui pourrait s’avérer lui aussi crucial. A condition que les Marseillais, aujourd’hui à 10 points de Lille et 6 de Lyon, aient refait une partie de leur retard d’ici là…

La course à la 4ème place

L’Olympique de Marseille (4ème, 47 points) vit une saison compliquée. L’objectif podium s’est encore éloigné suite au revers à Paris. Les Phocéens étaient pourtant sur la voie de la rédemption ces dernières semaines. Une embellie qui coïncide avec l’installation de Mario Balotelli à la pointe de l’attaque olympienne, à l’efficacité retrouvée. Du côté de la Canebière, tous les regards sont déjà tournés vers le choc Olympique de la 36ème journée. Mais avant d’envisager un retour inespéré sur le podium, il y a une 4ème place à conserver, directement qualificative pour la Ligue Europa. Que convoitent de nombreux clubs.

A commencer par l’AS Saint-Etienne (5ème, 46 points). Un début d’année marqué par des défaites face aux « gros » du championnat semblait avoir contrecarré les ambitions des Verts. Jusqu’au large succès à Caen (0-5) avant la trêve internationale qui a remis les Stéphanois sur les bons rails. Disposant d’un calendrier abordable, la 4ème place semble un objectif atteignable. Et ce, malgré la concurrence inattendue du Stade de Reims (6ème, 46 points). Le promu rémois est toujours invaincu en 2019, une invincibilité qui remonte même à début décembre (13 matchs). L’OM n’est qu’à 1 point et toute une ville se met à rêver à une qualification pour la Coupe d’Europe, celle qui a tant marqué l’histoire du club finaliste de la première Ligue des Champions en 1956.  En embuscade, Rennes (8ème, 41 points) devra bien négocier son match en retard à Nîmes pour entrer véritablement dans la danse. Montpellier (7ème, 42 points) et Nice (9ème, 41 points) semblent un cran en dessous pour se mêler à la course.

La course au maintien en bas de tableau

Une bataille à trois se précise pour la 18ème place, celle qui permet un barrage aller-retour face à une formation de Ligue 2. Depuis le week-end dernier, elle est la propriété de l’En Avant de Guingamp (22 points). Les Bretons ont quitté la dernière place pour la première fois depuis 202 jours au bénéfice d’un succès face à Dijon (1-0). Des Dijonnais au ralenti (1 point pris en 5 matchs) qui ont reculé au 19ème rang avec 21 points. L’arrivée d’Antoine Kombouaré sur le banc bourguignon fin décembre n’a rien changé à la dynamique infernale du DFCO depuis fin août (2 victoires en 26 matchs). Mais que dire de la spirale négative dans laquelle est engagé le Stade Malherbe de Caen ? Nouvelle lanterne rouge, l’équipe normande n’a remporté aucune rencontre lors des 3 derniers mois. Les Caennais enchaîneront la réception de Dijon (34ème journée) et un déplacement à Guingamp (35ème journée) qui détermineront leur avenir en Ligue 1.

A moins d’un énorme trou d’air, Amiens (17ème, 29 points) semble hors d’atteinte, d’autant plus que les Picards n’ont perdu qu’un seul de leurs six derniers matchs. Quant à l’AS Monaco (16ème, 30 points), longtemps menacé par la relégation, son recrutement lors du mercato hivernal l’a aidé à bien s’éloigner de la zone rouge. De Nîmes (11ème, 37 points) à Nantes (15ème, 32 points), la fin de saison s’annonce comme un long fleuve tranquille.

Au Stade Pierre-Mauroy de Villeneuve d’Ascq ce samedi, Strasbourg, actuel 10ème (39 points), cherchera à enjoliver sa fin de saison par un succès en finale de Coupe de la Ligue face à Guingamp. En jeu pour les Alsaciens, un ticket pour la prochaine édition de la Ligue Europa.

Oscar LIPPERT