Les (Im)permanences de l’amour

Le campus créatif de Lille recevait ce jeudi 21 mars l’exposition (Im)permanences. Conçue et mise en scène par Bernadette Gruson, cette installation sonore aux allures de salon de coiffure fait entendre les fragments d’un discours amoureux. L’amour, s’il est permanent reste aussi capricieux que l’ensemble de notre chevelure. Rencontre nocturne avec Bernadette, cette amoureuse de l’amour.  

Arrivé.e sur les lieux, vous vous installez sous un casque, faites un clic sur le bouton et c’est parti pour cinq minutes de montage sonore réalisé grâce à des interviews auprès d’un large public sur le thème de l’amour et du discours amoureux. Une fois fini ? Installez-vous sous un autre casque et goutez à d’autres plaisirs. Diverses écoutes pour une unique inspiration: Roland Barthes.  Et pourquoi le casque à permanente ? « Comme son nom l’indique, il sert à faire une permanente et s’il y a bien un truc qui n’est pas permanent, c’est une permanente, puisqu’on a besoin d’y retourner souvent, confie Bernadette en souriant. C’est une belle métaphore de l’amour. Si on veut que ça dure il faut y apporter des soins quotidiens et réguliers. »

Depuis quelques mois, c’est un projet un peu particulier qui vient se nicher sous les casques d’(Im)permanences. Celui d’étudiants de l’établissement Fenelon. Des lycéens en décrochage, à qui Bernadette Gruson a donné un stage sur la prise d’interview, sur le montage et sur la composition sonore. Si vous vous asseyiez sous un des six casques présents, vous entendrez un de leurs montages. Dans un autre, vous pourrez écouter leurs ressentis. Ils interrogeaient soit des primo-arrivants du lycée Béhal, soit des personnes handicapées de l’établissement des Papillons Blancs sur un thème en commun : « Mes rêves quand je serai grand.e ». 

Les faire parler de leurs rêves, tel était le mantra. « Les lycéens étaient très touchés à la fois par notre manière de transmettre notre savoir-faire et très touchés par les histoires que les personnes leur ont racontées, explique Mme Gruson. Cela fait depuis 2012 que je fais des installations sonores avec ce principe de collecte de paroles. On peut interviewer quelqu’un et être très touché. C’était une belle expérience pour eux sur la question de l’empathie, de l’écoute. On est sur une matière artistique, sur un projet. »

(Im)permanences, c’est l’histoire d’une permanence entre parenthèses.

« Parce que la permanence de l’amour et du besoin d’amour est toujours confronté à l’impermanence des sentiments et de la vie. Il n’y a jamais un jour qui se ressemble, évoque Bernadette un brin nostalgique. »

Envie d’un aperçu ? À vos clics pour le teaser! https://soundcloud.com/zaoum/teaser-impermanences-2016-mp3-320k-st-01 / https://www.youtube.com/watch?v=j-5EwyPZO6g

Angèle Delmotte