Du breakdance à la Catho

Jeudi dernier s’est déroulée la Nuit du Campus Créatif à l’Université Catholique de Lille. Du chant à la photographie en passant par la vidéo et la danse, les talents artistiques des étudiants étaient mis à l’honneur. Le collectif de breakdance All School’s a effectué trois démonstrations dans la Chapelle. Retour sur cette soirée et sa préparation.

Les 17 danseurs ont fait résonner les murs de la Chapelle ©TD 

Du haut de ses 1m58 et père de deux enfants, Abdelhafid Moualek alias Bboy Smallhaf est le « chef » du groupe. Hip hop, rap, funk ou encore des morceaux qui « accélèrent le BPM » (le rythme cardiaque), le Bboy baigne depuis tout petit dans la musique.

A 41 ans aujourd’hui, il est le premier danseur hip-hop à avoir été casté pour une comédie musicale comme Les 10 commandements par Kamel Ouali. Le showman est également l’organisateur du Red Bull BBC One ainsi que le Battle of the Year, deux compétitions internationales de breakdancers où des battles sont mises en place. 

Qu’est-ce qu’une « battle » ? Les danseurs de hip-hop se mettent en cercle, et s’affrontent soit individuellement, soit en duo ou en groupe. 

Bboy Smallhaf enflamme le dancefloor à la Catho. ©TD

Contacté par l’ancien doyen de la FGES, Didier Van Peteghem, il a été missionné de former les étudiants pour qu’ils puissent participer à ce formidable spectacle de la Nuit du Campus Créatif. L’artiste a mis une affiche à la Catho pour annoncer qu’un cours allait débuter. Puis « un noyau s’est créé, un groupe s’est créé, une famille s’est créée et des artistes sont nés » avoue le Bboy. 

Pour préparer ce show, le collectif s’entraîne depuis 8 semaines, tous les mercredis de 20 à 22h. Le soir de la représentation, trois performances ont eu lieu d’une durée d’une vingtaine de minutes chacune. « Les danseurs sont uniquement des étudiants de la Catho » rassure Abdel.

Habillés avec un haut blanc, d’un bas sombre et d’une casquette noire, les 17 danseurs âgés de 7 à 21 ans exécutent leurs chorégraphies. avec soin et précision. Entre babyfreezes, saltos et autres figures à une main, la troupe a obtenu des applaudissements très vifs de la part du public. 

Après l’acclamation de l’auditoire, Abdelhafid s’est confié sur son ressenti après son dernier passage. La veille, ils ont répété dans l’Aula Maxima. « Il faut savoir que la Chapelle a ce petit truc. Une bonne vibe, une énergie positive. On se sent bien quand on y rentre. C’est un lieu unique. Je pense que les jeunes ne pourront plus danser dans une chapelle. Puis les gens étaient réceptifs et je tiens à remercier la Catho d’avoir permis à mes élèves et à moi de vivre cela ». 

Bboy Smallhaf donne sa définition du breakdance : « C’est la lutte constamment contre soi-même ». « L’adversaire c’est toi », le slogan de Bboy France représente beaucoup pour lui. « On est toujours dans la détermination de repousser nos limites. Nous sommes face à notre corps, notre souplesse, nos appuis. Au moindre faux pas, nous en payons la conséquence. »

Thibaud DUQUENNE

Le breakdance aux Jeux Olympiques 2024, bonne ou mauvaise idée ? 

Après une médaille d’argent aux Jeux Olympiques de la Jeunesse au Brésil l’an dernier, le jeune calaisien Martin Lejeune a fait naître une lueur d’espoir pour que la discipline soit officialisée aux « vrais » Jeux. Avec le skateboard, l’escalade et le surf, le breakdance est en bonne voie d’être dans la liste des nouveaux sports en 2024. Pour Abdelhafid, le fait d’avoir une visibilité au niveau du sponsor sera « une très bonne chose ». En terme de moyens, les difficultés sont présents pour trouver du mécénat. « La danse urbaine dépend des subventions culture et sport »« Le sacre de Martin a été formidable. Cela met la lumière sur la région. Je suis pour les Jeux Olympiques par contre j’ai peur des moyens. »