Européennes 2019 : E. Macron appelle à prendre « la tête du combat écologique »

Dans une tribune intitulée « Pour une reconnaissance européenne » adressée aux vingt-huit pays membres de l’Union européenne (UE) le 4 mars dernier, Emmanuel Macron a appelé à la création d’une « Banque européenne du climat » et plaidé pour un « budget européen dédié à la transition écologique » pour y parvenir. Mais qu’à quoi ressemblerait cette banque européenne du climat ? N’existe-t-elle pas déjà ? Qui va la financer ? Analyse sur ces deux propositions.

europe.pngLe drapeau européen. Droits réservés.

 Dans un contexte marqué par « le Brexit », « le repli nationaliste », « il y a urgence », car « jamais l’Europe n’a été autant en danger », c’est avec ces mots forts que le chef de l’Etat a décrit le contexte dans lequel il a écrit ses propositions au vue des élections européennes du 26 mai prochain. Si du côté de l’Elysée on assure que ce n’est pas encore une entrée en campagne, le texte a pourtant tout de l’allure d’un programme. Articulé autour de trois thèmes (liberté, protection et progrès), il entend bien redonner de l’élan au parti La République en marche qui est actuellement presque à égalité dans les derniers sondages avec le parti du Rassemblement national porté par Jordan Bardella.

Parmi les nombreuses propositions faites par le chef de l’Etat, nous nous attarderons ici à ses propositions en matière d’écologie. Il faut dire qu’après la démission de son ancien ministre de la transition énergétique et solidaire, Nicolas Hulot, en août dernier, Emmanuel Macron est dans le viseur des militants écologistes. C’est pourquoi, le Président souhaite «renouer avec le fil du progrès » et « prendre la tête du combat écologique ». Dans sa lettre, il fixe trois défis européens comme on peut les lire en gras :

«  L’Union européenne doit fixer son ambition – 0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025 – et adapter ses politiques à cette exigence : Banque européenne du climat pour financer la transition écologique ; force sanitaire européenne pour renforcer les contrôles de nos aliments ; contre la menace des lobbies, évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l’environnement et la santé… Cet impératif doit guider toute notre action : de la Banque centrale à la Commission européenne, du budget européen au plan d’investissement pour l’Europe, toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat. »

Pour y parvenir, le Président français propose aux citoyens européens de suivre la piste d’une « banque européenne du climat », portée par le climatologue Jean Jouzel et l’ingénieur agronome et économiste Pierre Larrouturou dans leur Pacte Finance-Climat disponible sur leur site internet. Cette dernière « aurait pour mission d’utiliser les liquidités disponibles afin d’octroyer aux pays signataires du traité des prêts à taux zéro pour financer la transition écologique », précise l’économiste à nos confrères de 20Minutes. « Chaque pays disposerait d’une enveloppe de prêt à taux zéro correspondant à 2% de son PIB. Chaque année, la France pourrait investir 45 milliards d’euros à la transition écologique », expliquaient les deux intellectuels dans une tribune publiée dans Le Parisien le 16 décembre 2018. 

Pauline Ragué