Eurotunnel : « Nous sommes prêts pour le Brexit »

A quelques jours de la date officielle du Brexit prévue pour le 29 mars, la France et le Royaume-Uni retiennent leur souffle. Comment le Tunnel sous la Manche se prépare-t-il à cet événement majeur ? Jean Brunier, directeur de l’informatique à Eurotunnel se livre. Rencontre.

Jean Brunier devant le siège d’exploitation du groupe Eurotunnel ©TD 

En pleine crise depuis une dizaine de jours, le divorce avance à grands pas. « On se prépare depuis 2 ans » commence pourtant Jean Brunier. La préparation est une étape importante dans le but de rendre plus fluide la circulation des poids lourds. Assis dans son bureau devant son ordinateur, le chef du pôle informatique assure qu’ « un travail important s’est fait avec les autorités. Environ 500 groupes de travail se sont constitués. Nous avons beaucoup échangé avec le ministère franco-britannique. »

Deux étapes se sont développées pour accueillir ce Brexit. Tout d’abord, sa compréhension. « Au début, nous ne savions pas ce qu’était ce Brexit. » avoue Jean Brunier. Après une prise de connaissance, plusieurs propositions ont été évoquées malgré les incertitudes. « Notre activité à Eurotunnel fait porter ses fruits. Nous sommes fiers de susciter beaucoup de réactions auprès des gouvernements » dont le ministre des Actions et des Comptes publics, Gérald Darmanin. 

L’action est la seconde étape de cette préparation. De nouveaux établissements avec des zones de contrôle et sanitaire pour les camions vont être construits à proximité du péage du Tunnel.

La nouvelle zone de contrôle actuellement en travaux ©TD 

En ce Pour qui concerne la grève des douaniers, le groupe Eurotunnel appelé désormais Getlink, n’est pas impacté. «Nous ne perdons pas de camions. Ils mettent juste plus de temps pour arriver à Coquelles. Cela met en cause la sécurité de la population sur l’autoroute » regrette le directeur. Au contraire, le Brexit a permis à l’entreprise une augmentation d’activité ces trois derniers mois. 

Plusieurs changements liées au Brexit 

Outre les nouveaux bâtiments de contrôle, des recrutements ont été effectués. L’objectif de ces nouveaux emplois est la satisfaction et le confort des voyageurs. « Le client est notre priorité».  Un agent sera déployé pour assister les conducteurs. Toujours dans un but de maintenir la fluidité du trafic. 

Un système informatique va être installé pour communiquer avec les douaniers. Il s’agit de la « frontière intelligente ». L’informatique contrôle tout. « Sur un site internet, le transporteur se déclare, et charge ses informations. Au départ du tunnel sous la Manche, un lecteur de code sera présenté au chauffeur. Le smartphone connecté va se charger des notifications. A la sortie du tunnel, deux flèches seront indiquées au sol. L’une verte et l’autre orange. Si les camions sont en règle, le voyant vert s’allumera, et le transporteur pourra poursuivre sa route. Quand une anomalie apparait, c’est une flèche orange et direction la zone de douane » explique avec précision Jean Brunier. 

Aucun changement se fait au niveau du contrôle de police. «Le Royaume Uni étant sorti de l’espace Schengen, la frontière de l’Europe avant le Brexit était à Calais ». Le dispositif reste le même. Cependant, une incertitude plane. Le trafic routier s’intensifie à cause de la préparation et du stockage des camions. Il y aura plus de difficultés à alimenter les marchandises après le Brexit.

Pour terminer, le directeur de l’informatique a donné son avis personnel sur le sujet du Brexit et « regrette » beaucoup ce lien franco-britannique. « Eurotunnel, c’est 25% des échanges entre la France et le Royaume-Uni avec 5000 camions par jour. Tout ce qu’on a construit va être mis à l’épreuve car les britanniques veulent partir de l’Europe ». Affaire à suivre…

Thibaud Duquenne