Grand Débat National, la jeunesse oubliée !

Après plus de 10 000 réunions, 1,5 million de contributions en ligne, 16 000 cahiers de doléances et des conférences thématiques, le grand débat national touche à sa fin, et les premières conclusions ne vont pas tarder à émerger.

Le grand débat national lancé par Emmanuel Macron suite au mouvement des gilets jaunes prendra fin le 15 mars. Si beaucoup de Français se sont exprimés, les jeunes semblent être les grands absents de ce grand débat. C’est pourquoi les étudiants de l’Université catholique de Lille ont décidé d’organiser leur grand débat ce mercredi 13 mars, pour recueillir las avis et idées des étudiants.

Le grand débat, qu’est ce que c’est ?

Voulu par le président de la République, ce grand débat a pour but de recueillir toutes les revendications, plaintes et idées des citoyens, sans distinction d’âge, ou de classe sociale. Que ce soit dans des cahiers de doléances, sur internet ou lors de rassemblements, les Français se sont exprimés en nombre avec plus de 2 millions de contributions. Mais, à la surprise générale, les revendications des gilets jaunes ne figurent pas en haut de la liste : Le RIC n’est que très peu mentionné, tout comme la remise cause de l’impôt sur la fortune. En revanche, la fiscalité arrive largement en tête, avec 34% des contributions. Les citoyens réclament notamment une baisse des taxes ou encore une ré-indexation des petites retraites. Des demandes qui coïncident avec le profil des participants : majoritairement des retraités et des actifs. Mais pourquoi les jeunes ne se sont que très peu exprimés lors de ce grand débat ?

Des jeunes peu concernés

Si le sujet le plus plébiscité par les jeunes est l’écologie, beaucoup sont restés muets. La première raison est que certains jeunes ne se sentent tout simplement pas concernés par ce grand débat, à l’image d’Aymeric, un jeune actif de 22 ans : « ça ne m’intéresse pas spécialement, je ne me sens pas concerné et je ne pense pas que mon avis aura un impact sur le gouvernement ou sur l’économie. Et je ne travaille que depuis 1 an, je ne me sens pas spécialement légitime dans ce débat ». Un problème de légitimité qui fait également écho chez les étudiants, comme l’explique Alexia « Je préfère me concentrer sur mes études, pour le moment je n’ai pas de problèmes de taxes et d’impôts, ce sont mes parents qui s’occupent de ça. Ça peut paraître égoïste mais je préfère me concentrer sur mes études et laisser les plus expérimentés s’exprimer ».

Si l’Université catholique de Lille a bien tenté de pallier à ce problème en organisant son propre grand débat, cela reste une initiative locale, qui n’est pas forcément représentative de l’ensemble de la population française. Toujours est-il que la synthèse des différentes contributions sera présentée le 8 avril par cinq garants, en présence d’Edouard Philippe.

Cyrille Motte