Science : quand les algorithmes luttent contre les « fake news »

A l’occasion de la Journée internationale du « fact-checking » (vérification des faits en français), intéressons-nous aux algorithmes. Ils peuvent être de bons alliés dans la lutte contre les « fake news (infos bidons) ». Aux États-Unis et en France, des recherches ont été réalisées pour permettre aux données d’analyser les fausses informations. Mais est-ce suffisant ?

On connaissait les algorithmes comme facilitateur de fausses informations. Mais, comme les bactéries dans notre organisme, il en existe des bons. Ceux-là partent à l’assaut du mensonge sur le Web. En octobre 2018, le MIT (Institut de Technologie du Massachusetts) a mis au point un système de machine learning, un robot utilisant des algorithmes pour analyser les sources et déterminer la fiabilité des sites d’information.

Le domaine de la recherche s’y est mis également. En France, trois étudiants de l’EPITA ont créé Neutral News. Leur expertise : créer un système capable de contextualiser une information. « Il y a de plus en plus de tentatives concernant la création de robots détectant la fausse information, explique Alexandre Capron, journaliste à France 24, spécialisé dans les fake news. Ils la repèrent avec intelligence. Il y a des critères facilement utilisables pour renseigner ces machine learning. Par exemple, des critères pour l’utilisation de mots spécifiques. Par exemple, le mot « censure. »

Les réseaux sociaux en première ligne

Depuis la démocratisation des fake news, les réseaux sociaux ont été pointés du doigt, notamment sur le fonctionnement de leurs algorithmes. Ils sont accusés de donner une trop grande visibilité aux intox. Depuis, une prise de conscience s’est effectuée. En septembre 2018, Facebook et Google se sont engagés à suivre un code de bonnes pratiques proposé par l’EU contre les fausses informations. Pour Alexandre Capron, les GAFA sont en bonne voie : « il y a eu un gros travail à ce niveau. Facebook s’y est mis. Youtube, Google et Twitter y réfléchissent. La raison est que les réseaux sociaux savent que, contre leur gré, ils font le jeu des fake news. » Une bataille de bons et mauvais algorithmes donc.

Un algorithme n’est pas un humain

Enfin, face à ces algorithmes qui veulent du bien à la démocratie, il y a la question de l’efficacité. « Le robot a des limites et ne peut pas remplacer l’humain. Il ne peut juger la pertinence d’une information à lui seul. Les algorithmes font remonter des analyses qui ne sont pas forcément pertinentes. C’est pour cela qu’il faut des journalistes spécialisés dans ce domaine », prévient Alexandre Capron. De plus, les fausses informations ne se ressemblent pas : photo tirée de son contexte, données erronées propagées par une personnalité politique… Les fake news possèdent plusieurs apparences. De ce fait, si la technique appartient aux algorithmes, la mise en perspective d’une information reste une affaire humaine.

Mostefa Mostefaoui