Ça vous dit de manger du plastique ?

Plus que jamais, les océans souffrent. Et le constat est unanime, on ne fait que le dénoncer depuis plusieurs mois : l’humain tue les océans à coups de plastique.

Elodie Gasparin et Leslie Bissey la connaissaient bien avant vous cette situation. En tant que biologiste marine et océanologue, elles ont travaillé sur de nombreux projets visant à limiter l’empreinte écologique sur des chantiers maritimes ou portuaires.  Un jour, elles se sont rendu compte de l’insignifiance de leur tâche : « ce que l’on faisait n’avait pas d’impact. Alors on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose et comme on avait agi sur de nombreux territoires, on savait qu’il y avait énormément d’acteurs » explique Elodie Gasparin. En partant de ce dernier constat, les deux femmes créent WeOcean, un projet représenté par un voilier du même nom, qui veut rassembler tous ces acteurs pour qu’ensemble, leurs initiatives ne partent pas à la dérive. « Beaucoup de monde fait la même chose, mais dans son coin. Il fallait faire quelque chose. Mettre en relation ces personnes, les faires connaître pour voir émerger des projets avec une valeur environnementale largement plus forte. » En Novembre 2017, l’aventure commence. Le projet est lancé. Le voilier largue les amarres, porteur d’espoirs.

« Il reste beaucoup de choses à sauver »

Le plastique dans les océans n’est pas uniquement menaçant pour les panoramas des touristes friands des fonds marins. Elodie Gasparin revient sur la conséquence la plus directe pour l’Homme : « il existe de toutes petites particules de plastique qui finissent par être ingérées par les poissons que nous ingérons nous-même ! En gros, on finit par manger du plastique. » Le problème concerne même la biodiversité sous-marine et la planète entière : « on ajoute une composante présente en très grande quantité dans les écosystèmes marins. Cela provoque un déséquilibre. Qui dit déséquilibre dit changement. Un changement compliqué à prévoir et qui peut impacter l’écosystème global qu’est la planète ». Malgré ces indications négatives, WeOcean reste une initiative optimiste. En plus de rassembler les acteurs et créer une synergie autour du thème de la préservation des océans, le projet réalise des reportages pour présenter la richesse des espèces sous-marines. « L’idée c’est de parler aussi de ce qui est beau. On nous rabâche que ça va mal à longueur de journée mais tout le monde est au courant. Pour autant, presque personne ne sait comment faire et ne connaît pas l’existence de ces initiatives. C’est possible de faire des choses. Donc nous les mettons en lumières. Et on veut dire que même si ça ne va pas super bien, il reste encore de très belles choses à sauver ».

Armand Lavenne