Quand le cinéma montre la misère sociale

A l’occasion de la sortie sur les grands écrans du film J’veux du Soleil de François Ruffin, revenons sur ces films qui montrent la réalité sociale d’un pays, d’une époque. Un phénomène qui n’est pas nouveau…

C’est un poncif de dire que le cinéma s’inspire de la réalité. Les films s’inspirent bien souvent de moments de vie. Parmi ces vérités, bon nombre de réalisateurs s’inspirent de ce qu’ils voient dans leur propre pays, notamment la misère sociale. Et le premier à montrer cela était Charlie Chaplin.

Son premier film, The Kid,  suit l’évolution d’un jeune orphelin que Charlot recueille. Chaplin décide, dès son premier film, de montrer la misère sociale, d’un jeune enfant abandonné. Autre chef-d’œuvre de Chaplin, Les Temps Modernes. Dans ce film, Charlot est un ouvrier d’usine. Soumis à un rythme effréné et des conditions difficiles, le personnage tombe dans une dépression nerveuse. Le reste de son aventure l’amènera malencontreusement en prison. Le fait est que Charlot tentera pendant le reste de sa vie de retourner en prison, préférant les geôles à la dure vie qui l’attend dehors.

Ken Loach, réalisateur militant

Autre grande figure, plus actuelle, de ce cinéma militant et réaliste : Ken Loach. Le réalisateur montre au grand jour les failles du système britannique. Ses films sont aussi nombreux que ses succès. Parmi eux, Kes, Les Dockers de Liverpool ou encore I, Daniel Blake pour lequel il recevra la Palme d’Or de Cannes en 2016. Le film montre l’absurdité de la gestion sociale en Angleterre. Daniel Blake, veuf, est victime d’une crise cardiaque. Ses médecins lui interdisent de travailler de nouveau. Mais pourtant, l’administration le déclare « apte au travail ». S’en suit une longue descente aux enfers pour Daniel Blake…

En France, le dernier grand film portant sur une certaine misère social est à mettre au crédit de Stéphane Brizé avec La loi du marché. Thierry, joué par Vincent Lindon perd son emploi. Lui et sa femme doivent se serrer la ceinture pour préserver ce qu’ils jugent essentiel : leur appartement et le budget prévu pour les études de leurs fils handicapé. Il devient alors agent de sécurité dans un supermarché où un dilemme moral apparait. Il doit surveiller les clients, mais aussi ses propres collègues et les dénoncer en cas d’actes suspects. Porté par un Vincent Lindon incroyable (qui a reçu pour ce film le prix d’interprétation de Cannes en 2015), le film se place comme étant un des grands chefs-d’œuvre français du drame social.

D’autres films français traitent également de la misère sociale. On peut penser notamment aux films d’Albert Dupontel comme Bernie ou Enfermés dehors ou encore Mammuth le film du duo Kervern et Delépine.

Tous ses réalisateurs, également auteurs, veulent simplement montrer la réalité de leur monde. Et de facto, diffuser cette vérité, cette vérité sociale dérangeante qui s’impose à tous.

Antoine Swietlicki