L’artiste dans tous ses états au palais des Beaux-Arts

Au palais des Beaux-Arts de Lille, l’exposition « Le rêve d’être artiste » retrace la lente évolution du statut de l’artiste. Une immersion dans les coulisses de la création, jusqu’au 6 janvier.

Comment les artisans sont-ils devenus artistes ? C’est tout l’enjeu de la nouvelle exposition qui s’ouvre au Palais des Beaux-Arts, dans le cadre de Lille 3000 et d’Eldorado. D’Albrecht Dürer à Jeff Koons, en passant par Jacques-Louis David, Édouard Manet, Camille Claudel ou encore Frida Kahlo, l’exposition raconte pour la première fois la construction d’un mythe, celui de l’artisan qui voulait devenir immortel.

L’ascension de l’artiste 

Ce sont plus de 120 œuvres, venues des quatre coins du globe, qui prennent place dans les galeries du grand palais. Peintures, dessins, gravures, sculptures, photographies mais aussi des extraits de films et d’émissions de télévision sont ici mobilisés. Des œuvres d’aujourd’hui et d’hier au service d’une histoire : celle de l’émancipation de l’artiste.

Ce sont des artistes plasticiens, dont nous parlons dans cette exposition, et non des artistes au sens général où l’on peut l’entendre aujourd’hui. L’idée est d’expliquer comment, du Moyen-âge à nos jours, ils sont passés du statut d’artisan à celui d’artiste. » Bruno Girveau, directeur du palais des Beaux-arts de Lille et commissaire général de l’exposition.

Une émancipation qui passe, entres autres, par la signature. Synonyme d’autoportrait au Moyen-Âge, la signature élève l’artisan au rang d’artiste durant la Renaissance. Discrète ou envahissante, elle exprime au fil des siècles l’authenticité d’un maître et d’un atelier.

Un mélange des genres et des époques

« Je signe donc je suis », « Une place au soleil ? », « Génial-e, forcément génial-e? », « Me, myself & I », « Splendeurs ou misères ? », « Autodérision ! » sont autant de thèmes, où les époques s’entremêlent. Exemple avec les tableaux solennels du dix-huitième siècle faisant face aux effigies des « rockeurs » du vingtième siècle. Ou encore, la vidéo du rappeur Jay-Z succédant à l’immense statue, l’arroseur arrosé, de Gavin Turk. Car, pour Régis Cotentin, commissaire de l’exposition, « aujourd’hui, on ne se rêve plus artiste comme avant. On se rêve peut-être chanteur, écrivain, comédien, réalisateur, voire footballeur ».

Un espace ludique 

En plus des présentations habituelles, chaque œuvre est accompagnée d’un petit texte. Un texte pouvant être lu, mais pas que… L’exposition offre également aux visiteurs la possibilité d’écouter ces explications sur leur smartphone, via l’application du musée. Pour les plus jeunes, le palais des Beaux-Arts met à disposition un livret ludique et coloré, adapté aux enfants. De quoi faire rêver petits et grands !

Info pratique : « Le Rêve d’être artiste », au palais des Beaux-Arts, place de la République. Jusqu’au 6 janvier 2020. Lundi, 14 h à 18 h ; du mercredi au dimanche, de 10 h à 18 h. Tarif : 8/10 €. Site : www.pba-lille.fr.

Justine Berger