« 24h couture » : mille bonnets chimio pour habiller les têtes des malades

C’est un grand défi que lance l’association « Mon Bonnet Rose ». Durant l’opération Octobre rose, l’association organise l’opération « 24 heures couture ». L’objectif ? Réaliser un maximum de bonnets chimio pour les femmes en difficultés financières.

Qu’est-il possible de faire en 24 heures ? Relier Paris à Sydney en avion ou participer à la course automobile du Mans. Et pourquoi ne pas réaliser le plus grand nombre de bonnets ? C’est le grand défi que propose l’association « Mon Bonnet Rose », avec l’aide de la communauté d’acteurs de la région, « Le Souffle du Nord ».
« L’idée est, pendant 24 heures, du vendredi 11 octobre à 18 h au samedi 12 octobre à 18h, de coudre le plus grand nombre de bonnets, à partir de tee-shirts préalablement collectés par différents partenaires, pour les offrir à des femmes en difficultés financières faisant de la chimiothérapie », annonce Maureen Govart, présidente de l’association « Mon Bonnet Rose ».

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Maureen Govart a créé l’association « Mon Bonnet Rose », en mars 2018. Sa mission ? Collecter des bonnets chimio afin d’en organiser le don aux femmes en difficulté face au cancer.

Près de 200 personnes ont déjà répondu présentes pour l’événement. «Il faut des gens pour découper le tissu, des gens pour trier les tee-shirts, des gens pour l’intendance», souligne Maureen. Sans oublier les couturières qui devront réaliser les bonnets chimio en respectant leurs spécificités. «Ils sont taillés de mesure à couvrir les oreilles pour ne pas voir les pattes chauves, la tête et la nuque. Ce sont des bonnets portés toute la journée, on veut que ce soit confortable et respirant », explique Maureen, atteinte d’un cancer du sein en 2016. L’objectif des 24h Couture ? «Il est de mille bonnets pour les couturières travaillant dans les locaux de ‘‘Souffle du Nord’’». D’autres bonnets seront réalisés par des professionnels du fabricant de textile LeMahieu. De quoi s’assurer la réussite du défi. Un défi que l’on pourra peut-être bientôt lire sur la page d’un célèbre livre.

«On va être suivi pendant 24 heures par un huissier en espérant faire partie du prochain livre des records», ajoute avec excitation Maureen. Outre le record, l’opération répond à un réel besoin : «aider les très nombreuses femmes atteintes d’un cancer, et qui se retrouvent confrontées à de très grandes dépenses», révèle Maureen. Les bonnets chimio coûtent au minimum 40 euros. «Une dépense qui fait partie du reste à charge, mais les bonnets sont indispensables à notre bien être durant la chimiothérapie », regrette la présidente de l’association, dont l’engagement se poursuit tout au long de l’année.

Mon Bonnet Rose

« Pour mes 50 ans, on m’a annoncé un cancer du sein », témoigne Maureen Govart le ton impassible. Deux ans plus tard, en mars 2018, elle crée l’association « Mon Bonnet Rose ». Après de la chimiothérapie, de la radiothérapie, et les premières pertes de cheveux, Maureen Govart a préféré les bonnets chimio à la perruque. « J’avais l’impression qu’on voyait trop que c’était une perruque », confie-t-elle. A la fin du traitement, que faire des bonnets ? C’est la question que s’est posée Maureen. « Je me suis renseignée pour savoir s’il existait un organisme qui récupère les bonnets afin de les offrir à d’autres femmes. Et je n’ai pas trouvé », explique-t-elle encore avec étonnement.

« Après quelques réflexions, au bout d’un mois, j’ai créé mon association : ‘’Mon Bonnet Rose’’ ». Sa mission ? Collecter auprès des femmes qui ont terminé leurs soins des bonnets chimio. « On les fait nettoyer et on les offre aux centres de soins qui souhaitent en recevoir avant de les donner à des femmes en difficultés financières », poursuit Maureen.   « Chaque année, 60 000 femmes combattent le cancer du sein. Sur les 60 000 femmes, on peut considérer que 15 000 femmes sont en précarité ou vont tomber dans la précarité du fait de la maladie », déplore Maureen. C’est pour ces 15 000 femmes atteintes du cancer du sein, et les milliers d’autres devant faire de la chimiothérapie, que  »Mon Bonnet Rose » a vu le jour.

Océane Pirez